Europe: les convictions de Sarkozy
Le 1er février dernier, Nicolas Sarkozy a prononcé un discours sur l’Europe à Strasbourg. C’est son deuxième discours après celui de septembre à la Fondation Robert Schuman.
Autant le discours de février était axé sur les propositions, autant celui-ci paraît être celui des convictions, en complément de son programme présidentiel.
Alors quelle ambition pour l’Europe ?
Une longue première partie du discours rappelle opportunément que la construction européenne est d’abord notre meilleur rempart contre les haines et les guerres, des atrocités pas si vieilles que ça…
L’Europe doit être un idéal
Nicolas Sarkozy sème discrètement dans son discours quelques éléments clés constitutifs selon lui de l’Europe : elle doit être indépendante (donc pas Atlantiste), respecter les Nations ( donc pas fédérale) et, dit-il, il existe une conscience européenne qui vient de la civilisation, qui vient de la religion (donc judéo-chrétienne).
De ça, Nicolas Sarkozy s’interroge sur comment une promesse d’union européenne s’est-elle transformée en menace pour des millions de gens, menace concrétise par le non au référendum sur le Traité de Constitution Européenne. Son hypothèse : un manque de souffle politique.
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La politique au centre de la construction européenne
Pour le candidat UMP, la construction européenne a eu raison de mettre l’économie avant le politique, dans une construction pas à pas vers un marché commun et une monnaie unique.
Mais aujourd’hui, il faut savoir quoi en faire et il faut se mettre d’accord sur quelques points essentiels. Ainsi, Nicolas Sarkozy ne veut pas de dumping social ou fiscal au sein de l’espace européen, veut une politique d’immigration cohérente (pas de régularisation massive de clandestins au sein de Schengen sans avis des autres partenaires européens), veut « une moralisation du capitalisme financier avec la promotion d’une économie de production contre une économie de spéculation et de rente », veut un partage des richesses plus équitable entre travail et capital, une monnaie au service de l’économie et non l’inverse…
L’Europe et la mondialisation
Nicolas Sarkozy défend une certaine vision de l’Europe dans la mondialisation : elle doit avoir pour priorités la croissance, l’emploi et la stratégie industrielle et donc, pour ce faire, clairement protéger les intérêts des européens. Il n’hésite donc pas à évoquer le sujet de la préférence communautaire qui lui paraît être un levier d’action, d’ailleurs pratiqué par toutes les autres superpuissances.
Le candidat évoque aussi avec insistance l’espace Méditerranéen car pour lui, l’avenir de l’Europe s’y trouve car il contient en son sein toutes les « valeurs communes des civilisations dont nous sommes héritiers ». Cet espace devant devenir le « pivot d’une stratgie euro-africaine ».
Il y voit un espace de dialogue entre l’Europe, le Moyen Orient et l’Afrique, espace devant permettre de lutter contre tout type d’obscurantisme et de fanatisme, contre la misère mais aussi un moyen de repositionner la politique française et européenne en Afrique, pour concurrencer chinois, américains et indiens.
Une stratégie sur deux axes
Avec ce discours, on devine la stratégie de Nicolas Sarkozy pour relancer la construction européenne : il y a bien sûr des propositions « techniques » (traité simplifié, suppression de l’unanimité, groupes moteurs…) pour débloquer la mécanique institutionnelle, mais pour lui la question européenne c’est avant tout de savoir ce que l’on veut mettre dedans en termes de principes et de valeurs pour y faire adhérer les peuples. Vaste débat…
On voit bien que le traumatisme du référendum est encore présent et on imagine que le candidat n’hésitera pas à faire dans la symbolique.
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François

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Très bien ton papier, François
N’ayant pas analysé comme toi le discours de Sarkosy sur le sujet, je relève deux points:
- une double inquiétude: la référence à une civilisation chrétienne (l’UE est un espace métissé ayant un projet politique, quel rapport avec la religion?) et l’absence de référence à un modèle européen (économique, social, environnemental)
- un centre d’intérêt: l’idée d’une communauté euro-méditerranéenne renforçant les liens de par et d’autre de la méditerranée