L’Europe de Bayrou, deux pas en avant, un pas en arrière
François Bayrou est en train de décliner ses propositions sur l’Europe : un discours à Strasbourg le 12 février, un entretien dans Le Monde daté du 3 mars.
Des déclarations qui font suite à un long silence sur le sujet, silence qui laissait à penser que Bayrou craignait de s’aventurer sur un terrain miné. Qu’en est-il vraiment ?
Passons sur les formules toutes faites (« l’Europe est la clé de la liberté de choix : elle permet d’écrire l’avenir »), pour nous concentrer sur le fond des propositions. Dans son discours de Strasbourg, François Bayrou a donné deux grandes perspectives.
La première, c’est celle d’une Europe à géométrie variable. Les pays désireux d’aller plus loin dans l’intégration politique auront la possibilité de jeter les bases d’une Europe fédérale. Ce groupe restreint sera inclus dans un espace plus large (éventuellement étendu à l’Ukraine et au Bassin Méditerranéen), un vaste marché commun aux règles juridique communes.
La deuxième direction, c’est de donner de véritables objectifs à cette Europe. Bayrou décline toute une série de propositions : réforme de la PAC, programme de recherche sur les économie d’énergie, harmonisation de la fiscalité des entreprises, adoption d’une législation communautaire sur les services publics, politique étrangère et de sécurité commune…
Son discours apparaît globalement ambitieux, avec la volonté de trouver une organisation
plus efficace pour l’Europe.
Pourtant, Bayrou est nettement moins convaincant sur quelques points clés.
Il propose l’organisation d’une nouvelle conférence intergouvernementale, chargée de rédiger un nouveau Traité Constitutionnel, plus court et plus lisible. Pour cela, il va déjà falloir convaincre les autre pays qui ont déjà ratifié le traité… La France doit-elle imposer ses problèmes de politique intérieure à l’ensemble de ses partenaires ?
La Turquie : Bayrou refuse son entrée dans l’Union Européenne, qu’il juge incompatible avec une Europe « active et solidaire ». Pourquoi ce refus, alors que Bayrou propose une Europe à géométrie variable ? En quoi la Turquie freinerait-elle le processus d’intégration politique de l’Union Européenne ? Alors, calcul électoraliste, ou méfiance vis-à-vis d’un pays majoritairement musulman ?
L’ONU : Bayrou défend une Europe unie sur la scène internationale, mais ne se déclare pas prêt à sacrifier le siège de membre permanent de l’ONU que détient la France, au profit d’un siège
représentant l’UE. Dommage, c’eût été un signe fort en direction de nos partenaires européens.
Ces quelques points ternissent l’ensemble, donnant l’impression que Bayrou ne va pas jusqu’au bout de ses idées.
Alors, ceinture ou bretelles ? Candidat Bayrou, il va falloir choisir.
Fred


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Les propositions, c’est très bien, mais c’est toujourds le même problème : la sectorisation, voire l’atomisation des idées cache l’essentiel : quelle Europe propose-t-il ? vers quel type d’intégration veut-on aller ? veut-on une puissance économique ? économique et politique ? avec quel degré de fédéralisation, de subsidiarité, d’effacement du national au profit de l’européen ? Peut-on encore attendre longtemps quand on voit la mesquine tragédie d’EADS ? A quand la première étape d’une véritable fédération européenne ? Bérou la veut-il ?