Europe : les ruines du referendum
Qu’il s’agisse de fiscalité, de défense, d’immigration, de protection sociale, de programmes industriels, de politique étrangère ou encore d’environnement, l’avenir de la France est étroitement imbriqué dans l’Europe.
Pourtant, qui a entendu parler d’Europe dans la campagne présidentielle ?
Deux chiffres interpellent :
1. Les candidats qui ont voté « oui » au referendum sur la constitution européenne représentent 75% des voix dans les sondages actuels
2. Selon un sondage BVA, seul 1% des sondés a cité l’Europe comme un thème important de la campagne
Malgré leur poids électoral actuel, les candidats du « oui » au referendum de 2005 parlent d’Europe du bout des lèvres, avec une extrême prudence, de peur de froisser leur base électorale. Nicolas Sarkozy promet un « mini-traité », Ségolène Royal et François Bayrou annoncent un referendum pour 2009… Aucun d’eux n’a esquissé de vision pour l’Europe : pas un mot ou presque sur l’ambition européenne, ses objectifs à 15 ans, ses frontières.
Les candidats du « non » n’ont pas, et c’est le moins que l’on puisse dire, capitalisé sur leur succès de 2005. A la gauche de la gauche, on dénonce le libéralisme européen, à la droite de la droite on réclame une Europe des nations qui seule permettrait à la France de redevenir ce qu’elle fut. Bref, on entend encore les éternels discours de protestation sans proposition concrète, sans véritable idée nouvelle ni aucun désir d’Europe. Sans parler de « plan B », fumisterie depuis longtemps rangée dans le placard.
Bref, en plus d’avoir figé le processus de construction européenne et isolé la France (les pays européens se sont réunis le mois dernier, sans la France, pour évoquer l’avenir de l’Europe), le rejet du referendum n’a même pas permis de faire émerger le moindre débat dans la campagne. Les partis du « non » n’ont traduit leur victoire de 2005 ni en terme de rapport de force politique ni en terme de propositions constructives, et les partis du « oui » n’osent plus aborder le sujet, de peur de se couper davantage de leurs électeurs.

C’est un signe fort que la démagogie est bien le maître mot de cette campagne électorale. L’Europe, enjeu majeur et lieu de choix politiques fondamentaux, est probablement trop éloignée des préoccupations des « vrais gens » qui s’expriment chaque lundi soir sur TF1.
Fred


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A noter, à la décharge des candidats, que les français ne sont pas non plus très demandeurs…
C’est triste et c’est pourquoi tu as raison de critiquer ces mêmes candidats qui ont la responsabilité de poser ce débat et devraient oser le faire au-delà despropositions semi-molles qu’ils nous servent.
Quant aux partisans du non, eux c’est pire: ils ont menti sur le plan B et, responsables du champ de ruines, n’arrivent pas à passer le cap de la proposition de comptoir pour proposer une démarche crédible.