984 euros net pour le SMIC, et moi, et moi, et moi
Le SMIC est entré dans la campagne présidentielle, comme un pavé de saumon dans une mare de caviar.
Mais oui, bien sur. Il suffisait d’y penser. Pour que les français gagnent plus, l’idée d’augmenter les salaires est lumineuse. Merci Ségolène. Mais… toucher ce salaire de référence, c’est paupériser les classes moyennes et balayer d’un geste la hiérarchisation des salaires. Derrière ces 4 lettres, 2 questions :
- Comment aider les entreprises à embaucher ?
- Peut-on décréter une hausse des salaires ?
Avec 16,8 % de salariés au Smic en 2005, on assiste petit à petit à une situation totalement anormale, puisque le Smic ne devrait concerner que les salariés sans qualification. Or, les niveaux de formation des salariés au SMIC s’élèvent. Depuis la mise en place, en 1993 du système d’allègement des cotisations patronales sur les bas salaires, le nombre de Smicards n’a pas cessé de croître pour passer de 8,2 % de salariés en 1993 à plus du double aujourd’hui.
50 euros par 50 euros
Le pacte présidentiel de Ségolène Royal prévoit le passage du Smic à 1.500 euros « le plus tôt possible ». Elle a promis sur TF1 en début de semaine d’augmenter « tout de suite » le Smic de 5%, soit 50 euros, si elle élue à la présidence de la République en mai, afin de le porter à 1.500 euros « brut en cinq ans ». Mais …. ce n’est pas une révolution, mais une hausse normale… un effet neutre, finalement. Lire ici la brillante explication de Dis Papa...
« 5% tout de suite, c’est 50 euros tout de suite », a-t-elle précisé, mais « si nous pouvons aller plus vite, nous irons plus vite », sans donner d’explications.
Cette hausse du Smic serait débattue dans le cadre de la conférence salariale qu’elle veut réunir dès sa possible élection avec les partenaires sociaux, qu’elle rencontrerait pour préparer cette négociation sociale.
Travailler plus pour gagner plus vs Travailler moins en gagnant plus
Le programme de Nicolas Sarkozy diffère donc du pacte de Madame Royal. Selon le député UMP Wauquiez, « le problème en France est aujourd’hui celui du travail et des classes moyennes auxquelles il faut redonner un espoir. Cela passe par une hausse du pouvoir d’achat pour celui qui souhaite travailler plus afin de sortir par le haut. »
Versac en reste caustique « La solution de Sarkozy est plus simple, puisque, comme son objectif est d’augmenter le pouvoir d’achat de tous les français, il convient de …. “augmenter tous les salaires”. Y’avait qu’à y penser ! »
Sur le site de l’UMP, un texte fait fureur : « Projet Royal : smicardisation des classes moyennes ? » par Laurent Wauquiez, Secrétaire national UMP et Député de la Haute-Loire et paru dans Le Figaro du 16 février 2007.
Ce texte s’inspire très largement des idées du très libéral Albert LI, sur son site Le champ libre.
Face à l’augmentation du SMIC à 1500 euros proposé par Ségolene Royal, Laurent Wauquiez fait dans le catastrophisme : « Ségolène Royal relèverait considérablement le coût du travail non qualifié. Le résultat est que les entreprises vont réfléchir encore plus avant d’embaucher. Les premières victimes seraient les jeunes, les salariés les moins formés … qui tomberaient dans les fameuses trappes à chômage ».
La revolución vendrá del centrismo ?
Encore une fois, François Bayrou fait preuve d’imagination ; il propose une mesure très concrète et très lisible : la possibilité pour chaque entreprise de créer deux emplois sans charges. A moyen terme, il émet l’hypothèse de transférer des charges sociales vers d’autres bases que le travail.
« Quand il s’agit de définir des priorités en matière économique, tout le monde parle de croissance, d’emploi, et, évidemment, à juste titre. Mais la croissance et l’emploi sont des résultantes : ce qui fait l’emploi, c’est l’entreprise. L’esprit d’entreprise et l’entrepreneur.
Décidément, fallait-il tout ce débat indécent pour en arriver-là ? Moins de charges soiales pour plus de pouvoir d’achat. La révolution est en marche.
Pierre

(26 votes, average: 4.15 out of 5)



Attention à la reprise de slogans caricaturaux comme “augmenter le SMIC + paupériser les classer moyennes”. Soyons sérieux! Augmenter le SMIC, c’est augmenter le pouvoir d’achat de tous les bas salaires, en particulier la masse des gens travaillant à temps partiel sur une base de SMIC horaire.
et bien sûr, il faut que ce type d’augmentation soit accompagné par une négo entre MEDEF et syndicats.
Les discours catastrophistes sur l’augmentation des salaires minimum (comme sur la diminution du temps de travail) sont régulièrement repris par tous les conservateurs depuis le 19° siécle et la 1° révolution industrielle. Venant de l’UMP, ce discours est démago.
Quant à Ségo, elle reprend un thème traditionnel de gauche (augmentation des minima sociaux) sans qu’il s’accompagne d’un projet de société innovant ni même lisible.