Les écolos et la dette publique


La question de la dette publique intéresse-t-elle les candidats écolos ? Sur ce sujet majeur, on attend un positionnement, en tout cas une prise en compte dans les propositions des candidats.

Chez les Verts, le contrat écologique « pour une France écologique et solidaire » avance évidemment de nombreuses propositions sur le développement durable. Environnement, activité économique, logement, solidarité, Europe… mais rien sur la dette publique. Au contraire, une série de mesures entraînant clairement une hausse des dépenses publiques : construire 1 millions de logements HQE en 5 ans, renforcement des moyens de la justice, 3% du PIB pour la recherche, développement des crédits pour le transport par rail, hausse de l’aide publique au développement… Ces choix vont entraîner des dépenses supplémentaires : les Verts s’en accommodent-ils, ou bien n’ont-ils rien à dire sur le sujet ?

cap21Chez Cap21 de Corinne Lepage, le sujet n’est pas non plus abordé. Les coûts évoqués sont plutôt ceux du développement humain sur l’environnement. C’est un programme sérieux, avec une évidente compétence sur les sujets d’environnement, de climat, de santé, etc. Mais malgré des propositions sur le social ou la citoyenneté, l’approche reste finalement partielle : il n’y a rien sur la question de la réduction de la dette publique.
Antoine Waechter effleure le sujet dans son programme. Il explique que « la dette est un handicap », et que la politique budgétaire « doit avoir pour priorité de revenir un niveau d’endettement qui préserve l’avenir ». Il propose par ailleurs d’ajuster le montant des pensions à l’âge du départ à la retraite, qui serait libre. On sens pourtant que la volonté de Waechter est de redonner plus de place à l’Etat, qui devra mettre en place les conditions de la décroissance (la seule voie possible selon lui), et assurer à tous l’accès à la culture, au sport, à la santé, au logement, etc. waetcherQuel serait l’impact de ces mesures sur la fiscalité ? Pas de réponse.

Tout ceci est franchement dommage. Parce que cela donne l’impression que les écolos ne parlent que d’écologie. Même s’ils sont capables d’avancer des propositions pertinentes sur le logement, la citoyenneté ou le social, ils ne s’expriment pas sur un sujet aussi essentiel que la dette publique.
Globalement, les mesures qu’ils proposent, si elles étaient mises en œuvre, pourraient augmenter la dépense publique. Mais peut-être que la hausse de la fiscalité écologique compenserait ces dépenses… peut-être aussi que les emplois créés développeraient les recettes de l’Etat.
Le problème est que c’est finalement à l’électeur de faire ces suppositions, et que les écolos ne soient pas clairs sur le sujet. Leurs propositions dessinent pourtant les contours d’une puissance publique plus présente qu’aujourd’hui, plus présente car le seul fonctionnement du marché privé n’est pas capable de régler ses propres dysfonctionnements économiques, sociaux et environnementaux. Mais pourquoi alors ne pas aller jusqu’au bout de cette logique, et avoir un discours clair sur l’Etat, la fiscalité, et la dette publique ?

Cet « oubli » renforce le sentiment qu’ils sont les candidats d’un seul sujet (aussi essentiel soit-il), mais que finalement ils ne se placent pas en situation de gouverner un pays.

Fred

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Commentaires des lecteurs

Pour étudier de manière juste l’équilibre ou le déséquilibre budgétaire que créeraient des écolo au pouvoir, il conviendrait de ne pas se limiter à leurs propositions de nouvelles dépenses mais aussi à celles de nouvelles recettes et surtout d’économies!
Exemples qui me viennent : l’abandon de l’arme nucléaire nous ferait faire de sacrées économies, le moratoire sur les autoroutes aussi, la densifisaction des villes (plutôt que l’étallement urbain) c’est aussi des économies de fonctionnement pour les services publics, etc, etc…

Il n’ya que Bayrou que cela intéresse, en bon père de famille, il va nous resserer le budget !

Cette remarque s’applique effectivement à tous les candidats, Royal et Sarkozy inclus. Dans ce pays, on a l’impression que l’argent public tombe du ciel et que l’Etat est assis sur une réserve inépuisable d’argent frais.

elysées, ministères, ambassades, patrimoines, administrations et leurs personnels, fotte de voiture de fonction incalculable, logement de fonction, frais de réception paharonique….ils en ont pas marre de pomper dans les caisses de l’état.

Y a un article très interessant là dessus sur
http://forum.elle.fr/htm2/dette-de-notre-pays-et-train-de-vie-de-l-233tat,d-1485.aspx