José Bové is back
Le 25 novembre, José Bové nous annonçait sur son blog qu’il renonçait à se présenter comme candidat à l’élection présidentielle. A l’époque, il regrettait que les forces de la division l’aient emporté sur l’unité antilibérale.
Deux mois plus tard, la division n’est plus si grave et c’est devant un parterre de journalistes que José Bové a annoncé sa candidature hier matin à la Bourse du travail de Saint-Denis (pour le texte et la vidéo, voir ici)
Que s’est-il passé ?
José Bové a-t-il vu la lumière, entendu une voix ? Le leader antilibéral a plutôt fait l’objet d’un appel au secours d’on ne sait qui exactement mais cet appel paraissait sincère, voire désespéré ; lisez plutôt : « Nous pensons qu’il doit être candidat « Non pour ajouter de la division à la division, mais pour retrouver ensemble le chemin de l’union et de l’espoir et poursuivre l’expérience précieuse de centaines de collectifs unitaires ».
Une pétition a donc circulé sur internet, permettant au candidat du Larzac de savoir si oui ou non, il avait le soutien des citoyens et si cela répondait à ses deux conditions : « un rassemblement de toutes les forces de gauche qui ont dit « non » à l’Europe libérale le 29 mai 2005 et une dynamique populaire qui associe les citoyens au choix de notre candidat ». Les plus de 35 000 signatures ont manifestement convaincu José Bové… même si, sur le rassemblement à gauche, on peut rester sceptique.
Existe-il un programme présidentiel ?
Il n’y a pas de programme présidentiel mais 9 priorités de campagne :
- lutter contre la précarité et contre l’actionnariat,
- avoir un débat transparent avec la population sur les questions de la sortie du nucléaire et des OGM,
- faire en sorte que les habitants des banlieues ne soit plus des «sous-citoyens»,
- régulariser tous les sans-papiers,
- opérer une transformation démocratique et sociale: «en finir avec la Ve république»,
- rédiger un nouveau texte fondateur européen,
- laisser le libre choix aux DOM et aux TOM de l’autodétermination vers l’indépendance,
- mettre fin à la capacité de nuisance de la Banque mondiale, du FMI et de l’OMC» et«garantir le droit à la souveraineté alimentaire, ainsi que le libre accès aux biens communs de l’humanité, tels que l’eau»,
- faire en sorte que les femmes soient les premières bénéficiaires de toutes ces mesures», car «l’objectif d’égalité doit devenir une réalité».
Mais au-delà de ces propositions, deux motivations le guident. D’une part, « l’insurrection électorale contre le libéralisme économique » et, d’autre part, il veut s’opposer à Nicolas Sarkozy « candidat du Medef et de la dissolution de l’Etat social ».
Et maintenant ?
Il lui faut maintenant recueillir les 500 signatures lui permettant de faire acte de candidature autrement que devant les caméras. Le compte à rebours a commencé et il lui faudra avoir les parrainages avant le 16 mars.
L’épée de Damoclès
Eh oui… A force d’enfreindre la loi en fauchant des champs d’OGM, on s’expose à un retour de bâton, celui de la loi de la République. José Bové a presque épuisé tous ses recours et c’est donc la plus haute instance judiciaire en France, la Cour de Cassation, qui va rendre son verdict le 7 février. José Bové risque de prendre quatre mois ferme. A noter que la Cour ne jugera pas les faits mais le droit, et là ça peut coincer…
Quoiqu’il en soit, si sa condamnation est confirmée en cassation, c’est de sa prison que José Bové pourrait faire campagne. Est-ce possible ? Il faudrait se renseigner mais faisons confiance au paysan du Larzac, maître de la communication, pour faire entendre sa voix dans les semaines qui viennent.
François

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Je vous conseille de lire cet éditorial de Guy Sorman: “faut-il parrainer le spectacle ?” à propos de toutes ces candidatures bidon.
http://www.editionssorman.com/article.php3?lettre=4&no=2604&ref=39586