3 September 2010

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Mon pavillon, mon jardin, ma voiture : qui va poser les questions qui fâchent ?

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10792.jpgMon pavillon, mon jardin, ma voiture. C’est notre modèle de société : je deviens propriétaire de mon pavillon en banlieue, je fais 50km chaque jour avec ma voiture pour aller travailler et amener mes enfants à l’école, je fais griller mes merguez dans mon jardin. Le rêve.

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La ville-pavillon, peu dense, génère des kilomètres de voirie, de réseaux d’assainissement, de tuyaux. Impossible de s’y déplacer à pied (les distances sont trop longues), difficile de prendre le bus (il ne peut pas passer partout), la voiture est incontournable. Ce modèle de développement coûte cher : les millions de pavillons et de jardins grignottent terres agricoles et forêts (impact sur la biodiversité), les millions de trajets quotidiens en voiture polluent énormément (impact climatique), le chauffage des maisons individuelles alourdit la facture énergétique (il serait moins coûteux de chauffer des logements collectifs). C’est la ville non-durable par excellence.

Parmi les candidats, lesquels sont prêts à remettre en cause ce modèle de société, plébiscité par l’électeur, mais dont l’impact environnemental est énorme ?

Chez les anti-libéraux, la priorité c’est l’humain. Le PCF défend le maintien des services en milieu rural, l’accès au logement ou au transport pour tous… en somme, il propose « tout partout, pour tout le monde », mais ne remet pas en cause la ville étalée.
Dans les 125 propositions des anti-libéraux, la question est expédiée en une phrase : « L’urbanisme sera repensé afin de limiter structurellement les déplacements, en privilégiant la desserte en transports en commun ». On aurait aimé en savoir davantage, car le sujet est tout de même d’une grande complexité.

img-1.jpgLe PS ne s’étend guère sur le sujet. Le programme commun promet une relance de la politique de la ville, le maintien des services publics, un « pacte de solidarité urbaine ». Rien de révolutionnaire. Ségolène Royal a beau déclarer que « la protection de l’environnement est incompatible avec le libéralisme », elle ne parle pas de la ville étalée.
François Bayrou est plus clair sur le sujet. En réponse aux propositions de Hulot, il dénonce les gaspillages énergétiques de la ville étalée, et souhaite faire de la ville un « espace équilibré sur de petites surfaces ». Mais, au-delà de la déclaration d’intention, quels sont les moyens à engager ? Pas de réponse pour l’instant.

Plus à droite, le sujet n’est pas à l’ordre du jour. A côté du vernis écolo (pour des voitures plus propres, etc), Sarkozy lance un vibrant hommage à l’accession à la propriété, rêve de tous les Français. Dans son programme, De Villiers oppose les banlieues décadentes et corrompues aux « 30 000 communes rurales », oubliant que 40% de la population française vit dans une commune périurbaine, le plus souvent dans un pavillon individuel). Enfin, Le Pen ne s’intéresse pas au sujet.

arton333-200x200.jpgFinalement, les Verts sont les seuls à proposer un discours global sur la notion de ville étalée, et à en tirer les conséquences. Ils proposent une nouvelle loi qui donne aux collectivités locales les moyens de maîtriser le foncier et de promouvoir la densité de l’habitat ; ils revendiquent un territoire polycentrique et équilibré, et plaident pour une politique de maîtrise de l’étalement menée à l’échelon intercommunal.

Intéressant… mais qui entend les Verts dans cette campagne ?

Fred

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Comments

  1. François says:

    ET les élus locaux, que font-ils ? Dans leur documents d’urbanisme, n’ont-ils pas la possibilité de favoriser la densité de construction ?
    Ne pourrait-on pas déjà:
    mettre en place des densité minimales ?
    réfléchir aux règles de gabarit ?
    remettre des miminum parcellaires ?

    Rien qu’avec ça, les maires auraient de sacrés leviers.

    A lire, cette intéressante fiche sur la densité
    http://www.iaurif.org/fr/ressources_doc/publications/publicationsrecentes/notesrapides/pdf/occup_sol/nr_383.pdf

  2. Laurent says:

    Outre que l’élaboration des Plans d’urbanisme est souvent mal faite (faute de moyens suffisants affectés en général hors agglo) par des élus peu compétents. Ces derniers restent sous la pression d’une demande sociale forte en matière de logement sur leur territoire. j’ai bien peur qu’ en dépit des efforts de Fred et Voynet, le besoin énorme de nouveaux logements rende peu audible, durant la campagne, cet enjeu majeur de l’étalement urbain .

    Un projet de densification impose souvent de revoir tout le fonctionnement urbain: transports, logements, activités… Il est toujours plus facile de sous traiter la construction de logements pavillonaires à un promoteur dans les communes ayant de l’espace disponible.

    a noter tout de même, que les phénomènes observés dans les zones pavillonaires de certaines communes périurbaines tend à faire changer les mentalités de certains élus. On y observe des populations -venues de logements collectifs en agglomération – ayant accédé à la propriété au prix d’un endettement et de temps de trajet domicile-travail très importants. Dans ces lotissements dortoirs, aucun vie sociale et aucun service de proximité. bref, les gens s’ennuient à mourir! Les maires se retrouvent confrontés à des cas de grandes difficultés économiques et sociales voire d’exclusion au 1° incident de parcours (chomage, divorce..) de ces populations.

  3. fred says:

    Laurent, ton analyse est parfaite sur toute la ligne.
    La création de logements sociaux ou pas, collectifs ou individuels sur une commune périurbaine ou rurale peut rapidement la transformer en « cité dortoir » si le développement économique ne suit pas.
    Il est important de favoriser les commerces, l’artisanat, les transports en commun, les activités associatives, pour faire vivre la commune, que les habitants puissent se rencontrer, apprendre à se connaître sans préjugé, et ne pas les obliger à faire 30 km pour remplir leur frigo …

  4. Roger says:

    Vous oubliez les cafés, hauts lieux de sociabilisation.

  5. Marcel says:

    Ca c’est de la politique, de la vraie, au sens grec du terme. Bravo pour vos analyses qui nous rappellent que nous avons un cerveau ! On en viendrait presque à dire que le premier (ou la première) qui oserait aborder ce genre de problème de fond mérite nos suffrages. Mais cause toujours, ça n’intéresse ni TF1 ni RTL, donc ça n’existe pas.

  6. Alexia says:

    Bonsoir,
    merci pour votre article

    j’ai vu Voynet hier soir à la télé sur France 3.
    Malheureusement, elle est inaudible. Parle mal. Pas crédible.
    J’avais voté Mamère en 2002, mais je voterauis Bayrou en 2007 si Voynet ne s’améliore pas !!!

    Alexia

  7. jbegood says:

    Rumeurs politiques
    François Bayrou serait de
    gauche, Ségolène Royal
    serait de droite, Nicolas
    Sarkosy serait d’extrême
    droite, Marie-Georges Buffet
    serait un dinosaure qui se la
    joue perso, Laurent Fabius
    serait tellement de gauche
    qu’il préférerait peut être
    soutenir François Bayrou
    plutôt que Ségolène Royal,
    Arlette Laguiller serait comme
    d’habitude mais fatiguée,
    Dominique Voynet serait
    super prête à tout déchirer
    comme d’hab. On dirait une
    partie de poker Texas hold’m
    en no-limit.

  8. Monique says:

    J’ai quitté ma Normandie pour passer une semaine à Paris pour mon plaisir et j’ai déambulé dans plusieurs quartiers dont le 8ème, le 9ème : ce qui m’a frappée c’est la généralisation des transformations d’appartements en bureaux, certains couvrant les beaux plafonds avec des panneaux en polystyrène. Ce ne sont pas des cas isolés, non … c’est général ! j’ai été consternée de voir que le processus de vidage de Paris de son âme, de ses habitants, non seulement est toujours en marche mais s’accélère. Les proches et lointaines banlieues se vident le matin dans des flux denses et robotisés (pour qui se trouve sur leur passage), et le soir, les gares sont investies par ces masses laborieuses aux traits tirés, qui passent une partie de leur vie dans les transports. L’éloignement n’est plus de quelques 30 km, il est passé à 50 km voire davantage. C’est tout simplement une des aberrations de notre temps à laquelle il faudra bien remédier en stoppant l’inflation de constructions de bureaux aux dépens des logements dans Paris et ses banlieues.

  9. Karl says:

    Je vous conseille vivement d’aller jeter un coup d’œil sur http://www.latelelibre.fr la web-tv lancé par John Paul Lepers ça vaut le détour !

  10. Nobeit says:

    Vous oubliez un détail : la croissance démographique ! A quoi cela sert-il de construire un monde meilleur si nous ne faisons pas d’enfants ? Et qui oserait élever des enfants au centre de Paris ? Il est bien évident qu’un français ne s’endette pas à vie pour le plaisir, mais pour le bien-être de ses enfants. Tant qu’on ne trouvera pas au centre de Paris un 250 m² avec jardin et ballançoire pour 150 000 €, qu’on ne s’étonne pas que les français partent en banlieue. Et le principal, c’est que nous fassions encore un minimum d’enfant (1,8 enfants par femme si l’on en croit les statistiques)… mais ça, qui en parle ?

  11. François says:

    Sur la surface des logements, effectivement c’est un problème. Les études de l’INSEE montrent qu’elle augmente régulièrement non pas du fait de la taille des familles mais à cause de la décohabitation due aux mariages, couples séparés, monoparentalité…

    D’autre part, vous soulevez un autre problème: on n’offre que très peu de choix en habitat collectif pour une famille, d’où ce repli un peu obligé vers la maison individuelle ? Quand des programmes en habitat collectif présenteront des jardins, des appartements mieux conçus pour la famille (place pour faire sécher le linge…), on peut penser que les ménages suivront. Mais pour cela, il faut aussi faire évoluer les réglementations (hauteur des constructions, gabarits…) qui brident la conception. Quand on pense que la hauteur de construction à Paris est limitée à 37 mètres… pas si étonnant qu’on manque de logements et de lumière…

  12. kevin says:

    comprend po trop la politike car 18 ans mais le programme de Bové je trouve que c’est un peu dure de donner 1700euro par salair

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