Mon pavillon, mon jardin, ma voiture : qui va poser les questions qui fâchent ?
Mon pavillon, mon jardin, ma voiture. C’est notre modèle de société : je deviens propriétaire de mon pavillon en banlieue, je fais 50km chaque jour avec ma voiture pour aller travailler et amener mes enfants à l’école, je fais griller mes merguez dans mon jardin. Le rêve.
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La ville-pavillon, peu dense, génère des kilomètres de voirie, de réseaux d’assainissement, de tuyaux. Impossible de s’y déplacer à pied (les distances sont trop longues), difficile de prendre le bus (il ne peut pas passer partout), la voiture est incontournable. Ce modèle de développement coûte cher : les millions de pavillons et de jardins grignottent terres agricoles et forêts (impact sur la biodiversité), les millions de trajets quotidiens en voiture polluent énormément (impact climatique), le chauffage des maisons individuelles alourdit la facture énergétique (il serait moins coûteux de chauffer des logements collectifs). C’est la ville non-durable par excellence.
Parmi les candidats, lesquels sont prêts à remettre en cause ce modèle de société, plébiscité par l’électeur, mais dont l’impact environnemental est énorme ?
Chez les anti-libéraux, la priorité c’est l’humain. Le PCF défend le maintien des services en milieu rural, l’accès au logement ou au transport pour tous… en somme, il propose « tout partout, pour tout le monde », mais ne remet pas en cause la ville étalée.
Dans les 125 propositions des anti-libéraux, la question est expédiée en une phrase : « L’urbanisme sera repensé afin de limiter structurellement les déplacements, en privilégiant la desserte en transports en commun ». On aurait aimé en savoir davantage, car le sujet est tout de même d’une grande complexité.
Le PS ne s’étend guère sur le sujet. Le programme commun promet une relance de la politique de la ville, le maintien des services publics, un « pacte de solidarité urbaine ». Rien de révolutionnaire. Ségolène Royal a beau déclarer que “la protection de l’environnement est incompatible avec le libéralisme”, elle ne parle pas de la ville étalée.
François Bayrou est plus clair sur le sujet. En réponse aux propositions de Hulot, il dénonce les gaspillages énergétiques de la ville étalée, et souhaite faire de la ville un « espace équilibré sur de petites surfaces ». Mais, au-delà de la déclaration d’intention, quels sont les moyens à engager ? Pas de réponse pour l’instant.
Plus à droite, le sujet n’est pas à l’ordre du jour. A côté du vernis écolo (pour des voitures plus propres, etc), Sarkozy lance un vibrant hommage à l’accession à la propriété, rêve de tous les Français. Dans son programme, De Villiers oppose les banlieues décadentes et corrompues aux « 30 000 communes rurales », oubliant que 40% de la population française vit dans une commune périurbaine, le plus souvent dans un pavillon individuel). Enfin, Le Pen ne s’intéresse pas au sujet.
Finalement, les Verts sont les seuls à proposer un discours global sur la notion de ville étalée, et à en tirer les conséquences. Ils proposent une nouvelle loi qui donne aux collectivités locales les moyens de maîtriser le foncier et de promouvoir la densité de l’habitat ; ils revendiquent un territoire polycentrique et équilibré, et plaident pour une politique de maîtrise de l’étalement menée à l’échelon intercommunal.
Intéressant… mais qui entend les Verts dans cette campagne ?
Fred


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ET les élus locaux, que font-ils ? Dans leur documents d’urbanisme, n’ont-ils pas la possibilité de favoriser la densité de construction ?
Ne pourrait-on pas déjà:
mettre en place des densité minimales ?
réfléchir aux règles de gabarit ?
remettre des miminum parcellaires ?
Rien qu’avec ça, les maires auraient de sacrés leviers.
A lire, cette intéressante fiche sur la densité
http://www.iaurif.org/fr/ressources_doc/publications/publicationsrecentes/notesrapides/pdf/occup_sol/nr_383.pdf