Injustices: les souhaits du candidat Sarkozy
A l’occasion de la convention de l’UMP sur les injustices en novembre 2005, Nicolas Sarkozy a dévoilé dans un long discours ses 16 propositions contre l’injustice.
Injustice, injustices…
Pour Nicolas Sarkozy, il est « injuste qu’en France, on ne puisse pas revenir en arrière quand on n’a pas pris la bonne direction au bon moment (études, travail…) ou qu’un RMI qui fait l’effort de reprendre un emploi gagne moins de son travail que de l’assistance ». De plus, selon lui, la mondialisation va accélérer les problèmes car la France n’est pas prête du fait de charges sociales trop élevées, des 35 heures et du mauvais état de nos finances publiques. Nous allons ainsi, si rien n’est fait, aboutir à une paupérisation des classes moyennes « tandis qu’une élite ultra minoritaire profitera de la mondialisation car elle en détient les clés ».
C’est après ce très classique constat et cette toute aussi classique mise en perspective d’exemples illustrants que le désormais candidat officiel de l’UMP nous déroule les grandes orientations de son programme présidentiel pour lutter contre les injustices.
Pro américain ?
Fatigué « quon le fasse à sa place », Nicolas Sarkozy nous dit ce qu’il pense de la société américaine : il apprécie sa mobilité sociale, sa capacité à donner une deuxième chance et le fait qu’il y ait beaucoup moins de codes sociaux qu’en France. En revanche, il rejette l’inégalité sociale, notamment dans l’accès à la santé, l’absence d’Etat pour les plus faibles et son caracère hyper individualiste.
Suite à ce constat sur l’Amérique, le candidat UMP dresse les premiers effets négatifs perceptibles en France : la montée du communautarisme quand l’Etat n’assume plus son rôle, la prédominance des stratégies individuelles et de l’importance de l’appartenance aux bon réseaux pour réussir au détriment de l’école républicaine.
En résumé, Nicolas Sarkozy n’a pas de scrupules à s’inspirer de ce qui se fait de mieux dans la société américaine mais estime que « cela n’a aucun sens de vouloir copier son modèle ».
Ce qu’il dit pourra enfin être mis en perspective avec le chapitre 4 du document récemment produit par Eric Besson, du Parti Socialiste, « Sarkozy, le clône de Bush ».
Pour un Etat fort… et réformé
Pour le candidat de l’UMP, la décentralisation ne peut fonctionner que si le dynamise des collectivités territoriales est relayé par un Etat déconcentré responsable et capable de décider vite.
Il fait ensuite un lien étonnant avec l’inégalité entre fonctionnaires, dont l’emploi est garanti, et salariés du secteur privé sujets à toutes les incertitudes. C’est pourquoi il estime que les premiers doivent avoir, en contrepartie de la sécurité de leur emploi, une exigence d’efficacité et d’adaptation.
Les clés du succès: le travail et la recherchce de travail
Concept original, Nicolas Sarkozy estime que, dans une société où l’emploi à vie dans une même entreprise n’existe plus, chercher un emploi doit devenir une activité comme une autre, reconnue par la collectivité.
La « sécurité sociale professionnelle » doit ainsi être l’addition de quatre facteurs :
- des entreprises qui embauchent plus vite, grâce à un code du travail qui n’est plus dissuasif,
- un « service public de l’emploi » efficace (ANPE et ASSEDIC doivent par exemple fusionner),
- une meilleure indemnisation du chômage, et plus particulièrement pour ceux qui auront le plus de mal à retrouver un emploi,
- des droits et des devoirs équilibrés pour que les abus de quelques-uns n’hypothèquent pas le sort de tous.
Aussi, Nicolas Sarkozy propose de supprimer les CDD et stages qui empêchent les jeunes de se loger, d’emprunter, de fonder une famille… pour n’avoir qu’un seul contrat unique à durée indéterminée.
Le marché du travail souhaité et proposé par Nicolas Sarkozy vise à la simplicité et la souplesse extrêmes, banalisés même : on a un emploi, on le perd, on se forme et on en retrouve un. Cohérent sur le papier, cette vision du marché du travail fait toutefois peu de cas des employeurs retords, des salariés de mauvaise foi… bref, de la réalité de toute société.
Ces propositions amènent aussi trois questions :
- on peut tout d’abord s’interroger sur le modèle de marché du travail envisagé : sur l’extrême la mobilité, on ne sait pas trop si c’est un réel souhait du candidat Sarkozy ou bien du pragmatisme face à une évolution inévitable de notre environnement économique,
- on peut ensuite se demander comment le CDI unique proposé va s’articuler avec le souhait de grande flexibilité du travail. N’est-ce pas antinomique ?
- on peut enfin s’interroger sur la réelle faisabilité de telles propositions mais bon, c’est le rôle de tout candidat qui présente son programme présidentiel que de nous en convaincre.
La reconnaissance du bénévolat et de l’engagement associatif
Idée tout à fait intéressante, Nicolas Sarkozy propose que l’engagement dans le bénévolat et la vie associative soient mieux pris en compte par le biais, par exemple, de points retraites, de validation d’acquis d’expérience, d’exonérations d’impôts sur le revenu…
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