Le Pen est-il de centre droit ? (2ème partie)
Suite de la première partie
Les « autres »
Les « autres » sont tous ceux qui n’appartiennent pas à la Nation, et qui risquent donc de la menacer. Mussolini emprisonnait ses opposants, et désignait des ennemis communs, susceptibles de menacer la collectivité. Mais il n’était pas particulièrement antisémite, au contraire de Vichy, pour qui les Juifs étaient l’ennemi n°1. Les communistes, les Juifs et le Front Populaire furent alors considérés comme les responsables de la défaite, et donc des traîtres de la Nation. Les nazis avaient effectué une classification des races en fonction de la pureté du sang. Les Juifs, par ailleurs responsables d’un complot mondial, devaient être éliminés.
Le FN navigue entre ces différentes catégories : l’immigration est en train de dissoudre l’identité française, par ailleurs menacée par l’Europe, l’OTAN, les gauchistes, etc. La dénonciation de boucs émissaires est également une constante dans l’argumentation du FN.
«Les grandes internationales, comme l’internationale juive, jouent un rôle non négligeable dans la création d’un esprit antinational.» Le Pen, 11/08/1989
« Les sidaïques, en respirant du virus par tous les pores, mettent en cause l’équilibre de la nation. (…) Le sidaïque est contagieux par sa transpiration, sa salive, son contact. C’est une espèce de lépreux » Le Pen 6/05/1989
L’Etat et le pouvoir
Le fascisme et Vichy se rejoignent sur le rôle de l’Etat : celui-ci doit être réduit à ses fonctions de maintien de la cohésion de la société, à la permanence de la Nation. Le Pen ne dit pas autre chose, lorsqu’il dénonce un Etat obèse, et pointe le nombre excessif de fonctionnaires.
« L’Etat se dilate dans des missions multiples, [devient] boursouflé, obèse, inefficace. » ; « il exige sans cesse plus d’impôts, produit toujours plus de réglementations, absurdes pour la plupart, réduisant nos espaces de liberté, comme peau de chagrin. » ; « Écrasant le secteur productif par les prélèvements fiscaux, il l’alourdit dans la compétition internationale en l’enserrant dans une réglementation étouffante ». Le Pen, 19/11/2006.
Par ailleurs, la violence est une composante essentielle des pouvoirs fasciste et nazi, elle constitue le moyen de réduire au silence les opposants politiques. Chemises noires et autres SA permettaient de cultiver le respect du chef suprême. Le Pen n’a jamais gouverné, mais s’est distingué à plusieurs reprises pour son goût pour la violence (4 condamnations pour faits de violence en 1960, 1964, 1969 et 1998) et ses milices privées, que l’on retrouve régulièrement dans les cortèges du Front National.
L’Histoire ne se répétant jamais, il n’est pas possible de savoir ce qu’il adviendrait si Le Pen était élu président. Mais il est important que chacun soit bien conscient de la forte proximité idéologique du FN avec le fascisme et le régime de Vichy.
Fred






Dommage que le blog impose un format d’article trop court pour être vraiment argumenté. La question de la proximité de fond entre programme FN et programme National Socialiste mériterait une approche plus étayée et moins soumise à interprétation (Trop de fonctionnaires= proximité avec les idées fascistes?? Tous les candidats de droite risquent d’être froissés de cette association…). Mais bravo pour la tentative qui donne envie d’en savoir plus!