Stéphane Pocrain: une analyse, pas de programme
Dans un chat d’actualité sur le site de libération en date du 28 décembre, Stéphane Pocrain se prête au jeu des questions/réponses avec beaucoup d’allant. Dans cet exercice difficile où, sur des questions précises, il faut certes donner son avis, mais aussi et surtout conceptualiser de manière plus globale les questions, analyser, et proposer, Stéphane Pocrain analyse donc beaucoup, digresse parfois, propose peu et donne parfois mal à la tête.
La justice environnementale
Stéphane Pocrain se sert du saturnisme pour expliquer que environnement et injustice sociale sont intimement liés. Et il lui donne un nom : la justice environnementale en espérant un mouvement « qui ne sépare pas les conditions de vie sociale des populations les plus démunies, des effets de la crise environnementale qu’ils subissent ».
Ce constat, déjà fait par Nicolas Sarkozy (voir ici), attire l’attention sur un problème peu évoqué dans les programmes lorsqu’on parle d’environnement mais pourtant important : la solvabilité des ménages.
En effet, nombreuses sont les propositions pour réduire la facture énergétique pour améliorer la performance des logements mais la capacité financière des occupants pour enclencher des travaux est rarement abordée alors même que les personnes modestes sont les premières victimes de la crise environnementale.
Cette question de la solvabilité pose-t-elle également celle du niveau d’exigences environnementales à imposer, notamment dans le logement. Qui peut se les payer ?
L’altérité*
Stéphane Pocrain rappelle, ça ne mange pas de pain, que s’il est élu, il oeuvrera au nom d’une « vision de l’intérêt général » et il luttera contre « les discriminations quotidiennes et le racisme institutionnel ». Puis de terminer sur : « La France est malade de son incapacité à penser l’altérité. L’altérité ne réside pas dans l’Autre, elle est d’abord une composante de notre propre identité ».
A creuser mais il n’est pas garanti que cette réflexion soit très « porteuse » auprès de l’électorat…
La cooptation des élites
Stéphane Pocrain qualifie « d’illusion conservatrice » le « système méritocratique ». Amusant de sa part car on retrouve cette dénonciation de la méritocratie chez de nombreux candidats qualifiés de « conservateurs » tels que Nicolas Sarkozy ou Jean-Marie Le Pen.
Il évoque aussi, pour répondre au problème de la représentativité des français dans la sphère politique, les très classiques interdiction du cumul des mandats et instauration d’une dose importante de proportionnelle aux élections législatives.
A vrai dire, Stéphane Pocrain est plus un manieur de concepts et un analyste de la société qu’une force de propositions, ce qui demeure très ennuyeux quand on est candidat à l’élection présidentielle.
Mais sa manière de voir certains sujets, quoique parfois brouillonne pour le lecteur (signe qu’il n’est pas un professionnel de la politique), est tout sauf inutile au débat. Entre les slogans à deux sous des candidats officiels et les concepts parfois alambiqués de Stéphane Pocrain, il y a donc de quoi se faire une idée.
François
*Altérité : Caractère de ce qui est autre (Petit Larousse illustré)

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Enfin !
Stéphane Pocrain a annoncé ce jour qu’il renonçait à la candidature à l’élection présidentielle !.