Dupont-Aignan et l’écologie : beaucoup d’incantation, peu d’action


nicolas-dupont-aignan-2-2.jpgNicolas Dupont-Aignan tente d’exister dans la campagne présidentielle, mais son exposition médiatique est pour l’instant faible. D’une certaine manière, il est confronté à la même difficulté que François Bayrou : comment se faire entendre à droite ?
Parler avec force, dénoncer, pointer les lacunes des autres candidats… Dupont-Aignan use de la même rhétorique que Bayrou pour légitimer sa candidature. Sur l’écologie, par exemple.

Il annonce sur son blog avoir rencontré Nicolas Hulot le 11 décembre (« loin des caméras »), et propose des « réponses précises et argumentées » aux 5 mesures de Hulot. Désireux d’aller au-delà de la « comédie politicienne » qui se joue actuellement, il annonce qu’il faut intervenir sur la « structure même du libre échange et de la construction européenne » pour faire changer les choses.

Vieilles recettes

Vaste programme, a priori surprenant pour un tenant du libéralisme et un souverainiste.
Passons sur les propositions classiques, cent fois entendues mais toujours aussi vagues : maîtriser et rationaliser la consommation d’énergie, développer les énergies de demain, réformer la fiscalité de l’écologie, encourager les productions agricoles de qualité, développer les transports en commun grâce aux aides de l’Etat et rationaliser les autoroutes. On reste dans les intentions : pas de chiffrage, pas de calendrier, pas de mesure concrète.

nda.jpgFaiblesse également sur l’aménagement du territoire, levier important d’économies d’énergie (en réduisant les distances quotidiennes de déplacement, par exemple) et de préservation du capital environnemental (lutte contre l’étalement urbain). Dupont-Aignan se contente de préconiser la lutte contre l’étalement urbain (sans aucun objectif précis ni moyen particulier), et le maintien des services publics. Il égrenne ensuite plusieurs mesures sur l’aménagement du Bassin Parisien, semblant oublier que le Conseil Régional d’Ile-de-France est déjà compétent sur le sujet.
Finalement, on ne peut retenir que deux propositions réellement originales :
- conditionner l’ouverture de nos frontières commerciales au respect de critères environnementaux et sociaux, et instaurer des « zones régionales de libre-échange ». Dupont-Aignan n’évoque pas une seule fois le mot « Europe » dans ce chapitre, ce qui laisse quand même songeur.
- Réorganiser la présence de l’Etat déconcentré autour du préfet de région et de sous-préfets thématiques, et réorienter ses interventions autour d’un nombre réduit de compétences, dont la mise en œuvre du plan national de protection de l’environnement. Dupont-Aignan est un des rares dans cette campagne à aborder la question de la nécessaire rationalisation de l’appareil administratif français.

Diagnostics passionnés, propositions fades

Finalement, les propositions de Dupont-Aignan sur l’écologie sont assez convenues et globalement peu différentes des autres candidats.
On s’enflamme sur des diagnostics, on lance de grandes déclarations de principe, mais on reste faible sur les propositions chiffrées et sur tout ce qui peut vraiment changer nos modes de fonctionnement. Au moins peut-on espérer que les mentalités sont en train d’évoluer progressivement sur le sujet de l’écologie… mais n’est-ce pas un peu tard au regard de l’urgence des enjeux de notre planète ?

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Fred

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Commentaires des lecteurs

C’est marrant, plus on lit ce site, plus on a l’impression que la majorité des candidats brasse du vent, notamment sur l’écologie (on s’agite… pour des propostions fades …)

Qu’attend Hulot pour se présenter aux élections ?

Beaucoup de propositions sur l’Environnement:
- soit existent déjà plus ou mois
- soit dépendent de l’Europe et donc difficilement “garantissables” à court terme
- soit manquent d’ambition: sur l’urbanisme et les transports par exemple, nous n’avons droit qu’à des déclarations d’intention (le serpent de mer du ferroutage en est le meilleur exemple) et à des phrases vaguement précises.

Ce qui est bien dommage c’est que cette campagne va traiter de ce sujet majeur en quatre mois, c’est baclé.

le paradoxe, c’est que d’un côté l’écologie est une urgence depuis des années, mais que les électeurs n’en ont réellement pris conscience qu’il y a peu de temps. Du coup, les candidats cherchent à se positionner coûte que coûte sur le sujet, mais à mon avis ils n’ont ni la culture ni la réelle volonté de faire du développement durable. Il s’agit d’une manière de penser complètement différente du mode de pensée traditionnel de nos politiques !
On peut toujours se dire qu’il est positif que leurs mentalités évoluent, mais quand même ! ça devrait être leur boulot de voir un peu à long terme, au-delà des problèmes de tous les jours !

hi all. nice blog. its very ineresting article.