Que propose-t-on, à gauche, pour l’emploi ? Comment les programmes présidentiels des candidats se différencient-ils entre PS, PCF et LCR ?

capitalisme.jpgLa philosophie générale est la même pour les trois partis : les salariés souffrent du libéralisme (chômage, cadences trop élevées, revenus trop bas, inégalités…), et il s’agit de davantage les protéger. Mais le glissement vers le centre a modifié les approches, et PS, PCF et LCR proposent finalement des approches bien différentes.

Ce dégradé de couleurs se retrouve à travers les mesures phares pour l’emploi :

Durée du travail : le PS prône la généralisation des 35 heures, le PCF préconise les 32 heures, la LCR les 30 heures.

Sécurité de l’emploi : le PS supprime le CNE et « réaffirme la primauté » du CDI et propose une Couverture Professionnelle Universelle ; le PCF « généralise » le CDI et met en place un système de Sécurité pour l’Emploi et la Formation ; la LCR interdit les licenciements et, en cas de délocalisations, la puissance publique met sous tutelle les biens et l’outil de travail

Salaires : SMIC 1500€ brut pour le PS et le PCF, SMIC à 1500€ et salaire maximal à 4500€ pour la LCR.

On retrouve le même type de nuances pour les délocalisations, les licenciements, ou la participation des salariés dans la vie de l’entreprise.

Finalement, les trois partis proposent chacun leur propre lecture d’un même principe de départ : la défense du salarié face à un système plutôt injuste.

buffet.jpgLa LCR, c’est la version pure et dure, sans concession : il faut couper la tête au capitalisme. Le PCF, c’est un communisme tellement édulcoré qu’on le reconnaît à peine : remettons beaucoup de social dans un système que, finalement, nous acceptons. Le PS, c’est du PCF encore plus coupé avec de l’eau : aménageons un système sur lequel, finalement, nous avons peu de prise.

gauche-plurielle.jpgA travers ces positions, on comprend mieux les jeux politiques de ces dernières semaines : l’introuvable consensus à la gauche de la gauche, les rapprochements stratégiques de Fabius et Mélenchon. Finalement, si « gauche plurielle » il devait y avoir en 2007, celle-ci pourrait bien englober le PCF, mais guère au-delà à gauche du PS.       

           Fred

 
  • Julie

    Au lieu de réduire la durée du travail, comme dans les années 1970, les gains de productivité du travail ont conduit à un chômage très important, parfois caché en mettant plus de la moitié des chômeurs en invalidité (Pays-Bas, Grande-Bretagne, Danemark).
    Les gains de productivité permettraient de réduire à quelques heures par semaine le travail nécessaire pour bien vivre, à condition de changer de modèle de société et de supprimer toutes les productions inutiles (par ailleurs nuisibles à l’avenir de la planète, donc au notre et à celui de nos enfants).

    http://travail-chomage.site.voila.fr/produc/gain_productiv.htm

    En France, la productivité du travail a augmenté de 17,22 % en sept ans, pour l’ensemble de l’activité nationale. Sans rien changer à la production de richesses du pays, le nombre d’emplois aurait pu être augmenté de 17,22 % en réduisant de 14,69 % la durée réelle du travail. En moyenne, avec des transferts d’emplois entre secteurs d’activité, le nombre d’emplois aurait augmenté de 4 284 500. Le chômage réel aurait beaucoup baissé.

    Voir aussi
    http://travail-chomage.site.voila.fr/emploi/duree_travail.htm
    pour une comparaison internationale.

  • Julie

    Pour une durée légale du travail de 35 heures par semaine en France, la durée effective moyenne est de 39 heures pour les emplois à temps plein et de 36,3 heures pour l’ensemble des emplois (temps plein + temps partiel). Par comparaison, ces durées sont inférieures en Grande-Bretagne : 37,2 heures pour les emplois à temps complet et 31,7 heures pour l’ensemble des emplois. Elles sont aussi inférieures aux Etats-Unis et dans plusieurs pays en Europe.

    http://travail-chomage.site.voila.fr/emploi/duree_travail.htm

    Les Français travaillent plus (36,3 heures par semaine)
    que les Américains (33,8 h),
    les Allemands (33,6 h),
    les Espagnols (33,2 h),
    les Anglais (31,7 h),
    les Hollandais (29,2 h)
    …, si l’on fait la moyenne de tous les emplois, à temps plein et à temps partiel.

  • Jean Louis

    Bonjour,
    Un commentaire trés critique sur cet article comparant les propositions de chacun des camps.Pourquoi ne pas traiter un comparatif droite – gauche ???
    Concernant la gauche !!! Le rédacteur n’a pas suivi , ni lu les propositions des communistes concernant le capitalisme.Il s’agit bien d’un projet de rupture avec le capitalisme et non d’emmangemnet comme le souligne l’article .Au delà ce projet place au centre de la reconstruction de la société l’individu , le citoyen bref l’etre humain.Je tiens à la disposition dudit rédacteur les documents issus des travaux et des décisions des communistes depuis 2002 et au delà.

  • Frédéric

    Jean Louis, je comprends que mon analyse vous agace, mais que contestez-vous ? la réalité des propositions que je compare, ou les conclusions que j’en tire ?
    Parler de « projet de rupture » comme vous le faites n’a de sens que si ce projet contient effectivement des propositions de rupture, ce que je n’ai pas senti dans les propositions du PCF. Il me semble que le PCF ne sait plus où il va aujourd’hui, et ça ressort très clairement du contenu de ses propositions.

    Quant à exhumer les réflexions menées depuis 2002, je m’en abstiendrai, occupant par ailleurs un emploi. Mais il serait intéressant que vous nous en citiez les principales dispositions, afin que nous puissions comparer nos analyses.

  • David

    Article intéressant qui suscite le débat ! On ne peut se permettre dans un bref article d’envisager tous les aspects d’un problème aussi complexe que le temps de travail et ses répercussions sur l’emploi et l’économie au sens large.
    Merci donc aux commentaires, qui complètent utilement !
    Julie, une question me taraude depuis longtemps. A titre personnel, je profite largement des 35h ; elles ont en outre été créatrices d’emplois (hors effet de la croissance, et c’est clairement établi). Pour autant, je me pose réellement la question de savoir si cette mesure, historiquement et socialement juste
    1) est réaliste au vu de notre environnement économique (les pays voisins ne suivent pas, et notre compéttivité relative s’ne ressent probablement)
    2) n’est pas largement passé à côté de sa cible, l’aide aux personnes les plus en difficulté en France…
    A moins qu’il ne faille changer totalement d’optique et de modèle de société, en remettant le travail et les valeurs qu’il véhicule à sa place (toute sa place, mais rien que sa place). Reste à trouver un substitut, et à bien garder à l’esprit que la France n’est plus le « phare » du monde : nous ne sommes pas seuls, et chaque décision nous repositionne sur l’échiquier économique mondial…

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