Sarkozy : l’école du petit Nicolas (2eme partie)
Alors que l’école de nos grands-parents n’existe plus, que l’école d’aujourd’hui confine à la médiocrité, voici la « vision ambitieuse » pour l’école de Nicolas Sarkozy évoquée dans son discours d’Angers.
Le rôle de l’école
Elle doit enseigner autant le savoir que le « savoir être ». La conviction de Nicolas Sarkozy est que l’école sert à construire avant tout des hommes et des citoyens capables de penser par eux-mêmes, d’avoir le goût de la difficulté surmontée, de pratiquer le sport, d’accepter les enfants handicapés, de respecter les femmes et la planète…
Au-delà du ratissage très large sur les valeurs, on note que l’aspect civique est omniprésent dans le discours de Sarkozy et sa mise en œuvre à l’école se fait sur la base du contrat : entre les parents et les enseignants, entre l’Etat et les établissements scolaires. L’enfant-étudiant est au centre du dispositif mais aussi face à ses responsabilités : peu de place à la compréhension, aux incertitudes, aux tergiversations et révoltes adolescentes. Pour Sarkozy, l’école est un lieu d’efficacité. Dans cette école on « ne donne pas les examens à tout le monde » et on ne « baille pas d’ennui a cours d’éducation civique ».
Droits et devoirs
Nicolas Sarkozy ambitionne l’école comme le lieu où familles et enseignants sont les éléments clés. Il est ainsi prêt à leur donner beaucoup de droits, en contrepartie de résultats et de devoirs. Ainsi il propose que les familles soient beaucoup plus informées, reçues et respectées dans les établissements scolaires et aussi, et c’est une originalité, qu’elles puissent participer à la vie de l’établissement, voire devenir membres des conseils d’administration. En contrepartie, il leur serait demandé un respect strict des choix pédagogiques et des professeurs, le devoir de suivre les résultats des enfants et de répondre aux convocations de l’établissement.
Cette responsabilisation des maîtres, parents et établissements va, naturellement, jusqu’au bout du raisonnement : prise en compte de la discipline dans la notation et exclusion des fauteurs de troubles, évaluation des maîtres, évaluation de la performance de l’établissement…
Pour mettre en place ces nouvelles écoles, Sarkozy compte moins sur l’Administration centrale et les directions déconcentrées – qu’il évoque très peu - que sur ceux qui vivent et font vivre l’école au quotidien : directeurs, proviseurs, enseignants. C’est, d’un certain point de vue, une sacrée révolution au sein de l’Education Nationale.
Mixité sociale
L’école a enfin, pour le leader de l’UMP, une responsabilité politique et sociale, celle de promouvoir la « méritocratie » et, par voie de conséquence, de lutter contre le communautarisme. Pour ce faire, Nicolas Sarkozy propose une batterie de mesures bouleversant l’institution Education Nationale : individualisation des parcours scolaires, liberté d’établissement des établissements, réduction par deux du nombre d’élèves dans les Zones d’Education Prioritaires (ZEP) et dispatching dans d’autres établissements, suppression de la carte scolaire… On sent chez Nicolas Sarkozy le souhait de passer outre l’administration et de traiter « en direct » avec les établissements et les parents d’élèves.
Est-ce possible ?
François





la question est bien celle des modalités pour améliorer le système. La machine “education nationale” a déjà montré combien elle était difficile à faire évoluer. Je ne suis pas sûr que vouloir éviter de passer par le mamouth administratif soit efficace ni même possible.
C’est clairement un sujet qui fache et si (même) Sarkozi ne va pas très loin dans les modalités, je ne pense pas que Royal prendra le risque d’aller plus dans le détail. Elle a encore plus à perdre que lui d’un affrontement avec le monde enseignant.