En cette période pré-électorale, les candidats font étalage de leurs programmes présidentiels, et des promesses d’un avenir plaisant et rassurant.
Analyser le détail des programmes aide à choisir son candidat, mais comment s’assurer que les promesses seront honorées ? Est-on certain que les candidats sont sincères ?

La teneur des débats laisse de temps en temps interrogatif.

pollution.jpgL’écologie est donc devenue à la mode… Le film d’Al Gore a appris à nos parlementaires que, depuis la révolution industrielle, les activités humaines avaient un impact grandissant sur le climat. Mieux, les 5 propositions (plutôt banales) de Nicolas Hulot sur l’environnement ont carrément fait l’effet d’un pavé dans la fourmilière… Sarkozy, Royal, Fabius lui ont aussitôt proposé le poste de premier ministre. Et, depuis, chaque candidat se croit obligé de débiter, l’air pénétré, des évidences convenues sur l’urgence écologique.

ouvrier.jpgLes pauvres existent ! Premier ministre il y a 20 ans, ministre de l’économie tendance « libéral » il y a 10 ans, le nouveau Fabius nous a abreuvés de tirades émues sur l’ouvrier-qui-doit-se-lever-tôt-le-matin. Dimanche dernier sur le plateau de Ripostes, Moati écoutait, l’air absent, Bayrou rabâcher la description cent fois entendue du modeste-employé-qui-a-du-mal-à-finir-le-mois. Soupir résigné du téléspectateur.

On ne va évidemment pas reprocher aux candidats de parler des sujets qui préoccupent les citoyens.
Mais à qui va-t-on faire croire que les questions écologiques n’existaient pas il y a dix ans, ou que la précarisation d’une partie de la population est un fait nouveau ?
On aimerait un peu de sincérité. Que Bayrou reconnaisse qu’il ne parlait pas hier d’écologie parce que le thème n’apparaissait pas dans les sondages. Que l’ex-candidat Fabius nous explique ses revirements idéologiques, et sa soudaine préoccupation pour les plus modestes. Qu’on arrête de décrédibiliser la politique en épousant de cette manière la vague médiatique, tout en pariant sur le manque de mémoire de l’électeur.

      Fred

 
  • Anonyme

    Ouais Ok. Mais c’est un raisonnement qui se mord la queue tout ça: on peut pas à la fois reprocher aux politiques de défendre une idée (toute nouvelle et subite qu’elle soit je l’accorde) et en même temps leur reprocher de ne pas en défendre. Si un politique est là pour cristalliser les besoins de la population, ça me dérange pas plus que ça qsu’il change d’avis de temps en temps. Ce serait beaucoup plus utile de présenter leur programme plutôt que de dire qu’ils n en ont pas…

  • François

    Nous le faisons aussi !

    Vous avez raison sur la difficulté à être homme politique: s’il conserve ses idées, on le dit « droit dans ses bottes » et s’il suit l’opinion, c’est une « girouette ».

    En même temps, leur ralliement subit à l’écologie et au développement durable par exemple fait indéniablement sourire; c’en est presque risible.

    Mais c’est aussi rassurant qu’ils s’en préoccupent désormais.

    Cette faculté d’anticipation se doit d’être saluée :-)

    PS: et nous, français, étions-nous aussi concernés par cette question il y a 10 ans ? Pas si sûr…

  • Frédéric

    Les électeurs qui ont cru Chirac sur parole dans ses campagnes présidentielles successives se rendent bien compte que les promesses tenues n’engagent personne. Alors se poser la question de la sincérité d’un candidat me semble justifié.
    Quand Bayrou se met soudainement à parler d’environnement, je ne peux pas m’empêcher de me dire :
    1. Soit il se fout du monde
    2. Soit il est totalement incompétent, pour avoir attendu 2006 pour se rendre compte que l’environnement était un thème majeur
    On attend aussi des élus qu’ils soient un peu informés de ce qui se passe dans leur pays, pas qu’ils se contentent de nous dire ce qu’on a envie d’entendre

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