Sarkozy : l’école du petit Nicolas (1ere partie)
Le vendredi 1er décembre, Nicolas Sarkozy en déplacement chez Roselyne Bachelot à Angers a exposé dans un long discours sa conception de l’éducation et de l’école.
Une méthode bien rodée
Après avoir chauffé la salle avec des bonnes vieilles phrases de meeting qui confortent les militants dans leurs certitudes (« quand on a travaillé toute sa vie et payé des impôts, quand on a préféré économiser plutôt que dépenser, on a bien le droit de laisser sa maison et ses économies à ses enfants en franchise d’impôt » ou bien « Je vous propose la rupture avec l’assistanat qu’on subventionne sur le dos de ceux qui travaillent. Je vous propose la rupture avec l’irresponsabilité qu’on finance sur le dos des générations futures »), Nicolas Sarkozy a abordé l’épineux dossier de l’éducation.
Baudelaire contre Joey Starr
La première salve est claire : le candidat de l’UMP se pose en défenseur des professeurs et enseignants « qui souffrent » (faut-il y voir une réaction à la sortie de Ségolène Royal sur les profs ?); puis il s’attaque à la pensée unique et aux hypocrisies de toutes sortes : le baccalauréat dévalorisé, les grandes écoles fermées aux enfants d’ouvriers, les ZEP qui accueillent les enseignants les moins expérimentés, la carte scolaire contournée… et enfin, c’est le bouquet, les écoles où « les Fleurs du Mal sont remplacées par du rap et la rédaction par le QCM ».
Sarkozy dénonce surtout l’ennemi invisible, le « on » de la technostructure enseignante sans jamais clairement les nommer. Tout au plus glisse-t-il, au détour de quelques phrases « les instructions de l’Education nationale, les consignes reçues dans les IUFM » et «une école où la promotion des maîtres se fait au mérite, pas en fonction d’une inscription syndicale ».
Les valeurs républicaines : quand l’élève dépasse le maître
Pour Nicolas Sarkozy, l’école est un lieu où le maître transmet son savoir à l’élève qui, un jour, pourra le dépasser. « Tous nous avons croisé dans notre enfance un maître qui nous a marqué, un maître auquel on doit quelque chose de notre vie et de notre histoire » rappelle le candidat UMP, pour mieux mettre en face des statistiques plus que moyennes de notre système éducatif dues, selon lui, au fait que « pour acheter la paix sociale […] on a réduit les exigences pour donner une impression de réussite à tous ».
Où est donc passée cette école de l’égalité des chances et de l’exigence ? Sarkozy fait constamment appel à notre imaginaire collectif, et nostalgique, de cette école égalitaire, républicaine et laïque symbolisée par les hussards noirs de la République.
Sarkozy, un maître des discours
Au moment où l’on se dit que, décidément, il en fait un peu trop dans le symbolique franchouillard et daté, Nicolas Sarkozy nous prend à contre-pied. Lisez un peu : « à ces idéologues nous ne ferons plus le cadeau d’une vision uniquement comptable de l’Education ; ni celui d’une conception purement utilitariste de l’enseignement. Nous ne leur ferons pas enfin le cadeau d’une vision nostalgique de l’école. L’école de la troisième République a vécu. Elle était belle. Elle était grande. Elle était noble. La France lui doit beaucoup. Mais elle est d’une époque qui n’existe plus ».
En résumé, la moitié du discours a tourné autour d’une école mythifiée qui n’existe plus et c’est dans cet état d’esprit, psychologiquement conditionnés, que nous allons maintenant écouter ses propositions car le candidat Sarkozy a une « vision ambitieuse de l’école », une école « sans portable, sans tabac, sans casquette et sans jean à taille basse qui laisse voir trop de choses »… Ca promet !
François
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