Recherche politiques du logement désespérément !
Pour les moins de 45 ans, le poste “logement” représente plus de 30% du budget total. Sans rentrer dans les détails de la crise du logement, profonde et complexe, on peut toutefois s’étonner à partir de ce simple constat de l’indigence des programmes présidentiels sur la question. Rapide tour d’horizon…
- PS : le projet aborde de façon concrète le sujet (ce qui est en soi un mérite, notamment lorsqu’on constate que le bout de synthèse consacré au sujet sur le site de Ségolène Royal compile des opinions, sans aboutir à une quelconque prise de position claire). Premier problème : quelle faisabilité lorsque l’on évoque, pêle-mêle, la construction de 120 000 logements par an, l’éradication de l’habitat indigne et la mise en place d’un “bouclier fiscal” (traitant les symptômes plutôt que l’origine des difficultés) ? Autre élément : le PS succombe comme la plupart des autres partis à la tentation d’ajouter une couche au millefeuilles administrativo-réglementaire (ex. fiscalité immobilière : après le Robien standard, nous avons eu le Robien social puis le Robien recentré… et nous finirons sans Robien du tout !). Ajouter plutôt que simplifier et se donner les moyens de faire fonctionner un dispositif existant, c’est aussi créer un peu plus de complexité et un peu moins de lisibilité…
- UMP : le sujet n’est traité qu’à la marge, avec toutefois quelques pincées de bon sens (notamment lorsqu’est évoquée la nécessité de profiter du dynamisme de la promotion privée pour faire progresser le logement social), mais malheureusement beaucoup de partis-pris idéologiques. Exemple : en quoi l’accession à la propriété constitue-t-elle un idéal absolu et la garantie d’un “vrai projet populaire” (on peut évoquer les difficultés de très nombreux Français vivant en copropriété) ? Notons au passage que cette antienne ne participe pas vraiment de la “rupture tranquille” prônée par Nicolas Sarkozy, puisque ces mesures viennent de rentrer en application sous le gouvernement Villepin…
- UDF : il s’agit sans doute du diagnostic le plus juste sur la question, du fait de l’entrecroisement des regards (immobilier, social, urbanistique). On est souvent d’accord, mais le constat ne débouche sur absolument rien de concret : comment François Bayrou souhaite-t-il s’y prendre ?
- anti-libéraux : il est difficile de se faire une idée de leur position sur la question, tant ils ne sont capables de se rassembler que pour reconnaître leur division ! Pour autant, pour prendre cet exemple, sur les 125 propositions présentées sur le blog de Clémentine Autain, une seule porte sur le logement, la 47, qui se rapproche des idées socialistes en plus simpliste (en gros, le logement se résume au seul secteur locatif). Un bon point quand même : le souci de chiffrer les propositions (proposition 122 : les sénateurs n’ont qu’à bien se tenir…)
- FN : là, c’est le vide intersidéral et “intersidérant”, servi par l’imprécateur Jean-Marie Le Pen. Pas un mot, rien de constructif, mais de l’extrême en barres…
Conclusion : alors que le logement caracole en tête de nos préoccupations à tous, les actuels prétendants au fauteuil de Président ont pour l’instant fait l’impasse sur la question, excellant parfois dans le diagnostic, échouant quasi-systématiquement au moment de proposer du concret.
David






Alors vous allez vous régaler avec “Le Blog du Chi” : dans ce livre très drôle, l’auteur se met dans la peau du Président pour commenter les (mé)faits et gestes des candidats à la présidentielle. Et il y va à la corrézienne ;-). Du coup, ne vous inquiétez plus pour Ségo et Sarko: ils sont chaudement habillés pour l’hiver !