De Villiers : tout pour la ruralité !


de-villiers.jpgTout comme Le Pen, De Villiers a un rapport privilégié à la ruralité, valeur sûre qui rassure en ces temps incertains. Un des volets de son programme présidentiel consiste à « rétablir la justice territoriale »… parce que, pour le MPF, « réduire la fracture territoriale, c’est faire vivre les 30 000 communes rurales ».

Plutôt que de « déverser » des « milliards d’euros sur les banlieues », De Villiers préconise un réinvestissement massif de l’Etat dans les communes rurales, qui seraient abandonnées depuis des années. On retrouve derrière cette ambition les propositions suivantes :
- encourager l’installation des jeunes couples et le développement des services à la population,
- maintenir et développer les services publics,
- supprimer tout ce qui peut irriter les maires ruraux : la loi SRU (« qui vise à étendre l’immigration dans les zones préservées »), les nouvelles dates d’ouverture de la chasse ou la présence du loup,
- investir massivement pour le maintien de l’agriculture et du patrimoine agricole,
- Enfin, protéger l’environnement (passage obligé pour tout candidat qui se respecte).

clocher-village.jpgOn retrouve bien sûr la vieille opposition ville / campagne, parce que, pour De Villiers, les banlieues signifient « immigration », les grandes agglomérations sont « anonymes » et, globalement, la ville est le concentré de tous les maux actuels : immigration, comportements déviants et délinquance, pollution, bref, le vice à tous les étages. La campagne est le refuge des vraies valeurs de notre pays… c’est donc là que se trouve notre avenir.

 

Que penser de ce projet en faveur des « 30 000 communes rurales » ?

D’abord, qu’il dégage un lourd parfum de démagogie. De Villiers aligne comme des perles les appels du pied en direction des maires ruraux : suppression de la loi SRU, interdiction du loup, hostilité face à la “généralisation de l’intercommunalité“, maintien des services publics, rétablissement des dates de la chasse… De Villiers intègre tout ce qu’une commune rurale peut imaginer revendiquer. Tout est bon pour rafler des voix.

Ensuite, qu’il serait intéressant que De Villiers définisse ce qu’il entend par « commune rurale ». Opposer la campagne à la ville avait un sens avant l’arrivée de l’automobile. Cette opposition ne correspond plus à rien aujourd’hui. Aujourd’hui, la ville s’est étalée, et 85% des Français vivent dans des villes ou des communes sous influence urbaine. Seuls les espaces ruraux lointains échappent à cette influence, et, le plus souvent, perdent de la population et voient leurs services publics disparaître. Ce n’est que sur ces espaces que le discours de De Villiers pourrait avoir un sens aujourd’hui.

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              Fred

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Commentaires des lecteurs

Et si un tel discours démagogique en faveur des communes rurales avait d’abord pour objectif de lui permettre de réunir les 500 parainages nécessaires à sa candidature. Ce qui ne semble pas encore être gagné pour lui…

Ah oui, effectivement c’est fort possible !

J’espère qu’il les aura, histoire d’animer la campagne !

Il ne devrait pas avoir les 500 signatures, les maires ruraux préféreront se rallier aux partis dominants… Vote utile en perspective ?

Existe-t-il un site pour connaitre un Etat des lieux du nombre de signature par candidat ?

Selon l’enquête Ipsos-Courrier des Maires réalisée auprès des maires de France (20/11/06), la course aux 500 signatures pourrait s’avérer plus délicate que prévu. En effet, avec les municipales en perspective, peut-être dès octobre 2007, et le souvenir du 21 avril 2002, bon nombre de maires, en particulier les maires de droite, hésitent à parrainer un candidat.
En savoir + : http://www.ipsos.fr/CanalIpsos/articles/1998.asp

Le conseil constitutionnel a indiqué début novembre qu’il ne publierait qu’une partie des parrainages des candidats et pas la liste exhaustive, contrairement à ce qu’il aurait souhaité, suite à un avis défavorable du Parlement.

Voir les dernières lignes de cette page
http://www.conseil-constitutionnel.fr/dossier/presidentielles/2007/documents/histopres.htm

Il faut peut-être sauver le soldat Villiers : les 500 parrainages ne permettraient-ils pas de canaliser, de dévier vers le néant (intellectuellement parlant) l’apparente déferlante Le Pen annoncée ?

Face au risque de revoir Le Pen au second tour, une (même modeste) dispersion des voix de l’extrème droite n’est pas à négliger.

Le risque de Le Pen au 2eme tour n’est-il pas plutôt présent du côté de la gauche ?

Cet électorat est-il toujours aussi volatile ?

Le discours du “Voter Utile” consiste à cracher à la figure des électeurs. Le PS serait donc utile et les autres partis inutiles. Merci pour eux. Le PS arbore une attitude arrogante et injurieuse quand elle fait planer cet épouvantail. Le PS que j’attends au tournant de cette élection présidentielle, c’est un socialisme de courage qui ne cède pas à cette nouvelle manière de faire de la politique comme on fait la star academy à coup de grands slogans faciles.

Et c’est malheureusement ce qui se passe. On fait campagne avec des slogans pâle et on ne parle pas des vrais questions politiques. On préfère les sujets sociétaux de seconde zone plutôt que les grandes questions d’économie et de politique sociale. C’est la politique de la communication et des grandes enquêtes d’opinions qui vient détruire le vrai sens de ce que devrait être une véritable campagne électorale. Ne soyez pas étonner si l’abstention continue à augmenter. En espérant que le PS change, ou bien qu’il se plante.

Le “voter utile” est très frustrant: on voudrait exprimer sa différence au 1er tour mais on a peur de ne pas retrouver ses petits au 2e tour…

Dilemne pas très agréable.

Tout ça c’est la faute à 2002.

Et si le vote était obligatoire, les résultats ne seraient-ils pas plus représentatifs de l’électorat ?