Les HLM de la Ségolène Royal candidate
Sur son site « Désirs d’avenir », la désormais candidate investie par le PS nous dit ce qu’elle pense du logement.
Critiques
Elle commence par la traditionnelle critique du Gouvernement qui « tente de modifier la loi SRU » (vous noterez le « tente », car en fait ce n’est pas exactement ça), qui a fait « exploser les travailleurs pauvres » (c’est une question de logement ?), souligne enfin l’exemple de Neuilly (ville de Nicolas Sarkozy, cancre selon l’observatoire des Inégalités) où le taux de logements sociaux est dérisoire et rappelle l’insuffisance de construction de « vrais » logements sociaux (ceux considérés comme tels par le PS). Sur ce dernier point, on aura l’élégance de ne pas rappeler directement les chiffres de construction de HLM du dernier Gouvernement Jospin auquel Ségolène Royal a appartenu…
Passons…
Valeurs
Ensuite, Ségolène Royal nous ressert une petite louche de valeurs à faire pleurer dans les chaumières (HLM bien sûr): le logement c’est le « droit à la dignité, à construire une famille », la « transmission de moyens à la génération future » ( ???), « l’effort scolaire », « le plein emploi, la lutte contre la précarité, la sécurité des salaires ».
Bref,comme d’habitude on dérape hors du sujet crucial qu’est le logement mais après cette indigeste crème à enrober du creux, on arrive enfin à des propositions de programme.
le dogme socialiste: 120 000 HLM par an et des quota
Reprenant le projet socialiste, Ségolène Royal s’engage sans sourciller à produire 120 000 logements sociaux par an. Rien sur le comment. En France, quand le chef du Gouvernement dit, on fait ! Le seul hic c’est que construire des logements c’est pas si simple et la candidate du parti socialiste ne donne pas ou peu d’éléments sur la méthode et la technique.
La seule explication consentie est en fait une obligation! Celle de 25% de HLM dans les opérations immobilières. Là c’est bien gentil mais comment rentabiliser des opérations avec du foncier très cher si on impose 25% de HLM : qui va payer ? Surtout que, pas peu déstabilisée, elle en remet une couche en annoncant que ça ne sera pas dans des quartiers à foncier accessible mais dans des « zones déficitaires » (comprenez quartiers bourgeois). Je vois déjà la mine verte des promoteurs-constructeurs !
Des aides, des aides, des aides !
Ségolène Royal envisage ensuite une revalorisation des aides au logement (sur le budget de l’Etat) et la création d’un « bouclier logement » pour plafonner la dépense logement à 25% du revenu. Séduisante sur le papier, cette mesure mérite des précisions, notamment sur son coût : est-ce à dire que l’Etat s’engage à compenser la différence ? Il est fort peu probable que tous les français y aient droit et cela sera certainement sous conditions de revenus. Ainsi, dans le parc social, on aura des locataires qui toucheront de l’Etat des aides au logement (revalorisées) et des aides au titre du bouclier fiscal pour payer un bailleur HLM financé lui-même par l’Etat. Voyez l’usine à gaz !
Quant aux personnes modestes logées dans le parc privé, je vois déjà l’effet pervers : les bailleurs privés augmenteront leurs loyers et empocheront l’argent. Drôle de système…
Tout pour le HLM, adieu parc privé…
Enfin, la candidate socialiste veut favoriser l’accession à la propriété… des locataires HLM. La politique Logement du parti socialiste est limitée au 4 millions de logements HLM, car c’est là et seulement là, selon eux, qu’est le « social ». (le parc privé de 31 millions d’unités héberge plus de ménages sociaux mais bon…) et les ménages aux revenus modestes ou intermédiaires qui veulent accéder à la propriété dans le privé peuvent toujours se débrouiller, le PS a d’autres priorités.
Enfn, pour faire bonne mesure, Ségolène Royal,souhaitant « inventer un concept de croissance économe, de croissance éthique », propose de soutenir les économies d’énergie et les constructions Haute Qualité Environnementale (HQE®). Quelle audace !
Le programme Logement de Ségolène Royal et du Parti Socialiste est un chapelet de bonnes intentions et de mesures vagues (« y’a qu’à, faut que, on va ») qui ne prennent aucunement en compte la difficile réalité du marché du logement. On est dans le virtuel politique et l’aveuglement idéologique.
Inquiétant ou navrant, selon…
François





comparez avec le programme de Sarkosi … !