Mouvement anti-libéral : José Bové jette l’éponge
Bové balance

José Bové a annoncé hier sur son blog qu’il renonçait à briguer l’investiture à la candidature de la gauche unitaire anti-libérale pour les élections présidentielles de 2007.
A qui la faute ?
José Bové rappelle qu’un mouvement unitaire c’est, selon lui, « toutes les forces qui avaient contribué au succès du « non de gauche », le 29 mai 2005, de la LCR aux socialistes anti-libéraux ».
Puis, il critique vivement le Parti Communiste de Marie-George Buffet et la Ligue Communiste Révolutionnaire d’Olivier Besancenot qu’il accuse d’être « les forces de la division » qui l’ont « provisoirement emporté sur les forces de l’unité ».
Tant que le ridicule ne tue pas…
Il est amusant de noter que José Bové qui « n’entend pas, en effet, continuer de servir d’alibi unitaire à d’autres desseins », dit quasiment la même chose qu’Olivier Besancenot qui lui déclarait ne pas vouloir « servir de caution à une unité de façade ».
Il est également amusant de noter que les gesticulations médiatiques et les petites manoeuvres politiciennes des deux leaders antilibéraux sont exactement ce qu’ils reprochent aux « politiques » et qu’ils dénoncent au quotidien. Faites ce que je dis mais pas ce que je fais !
Ainsi les militants découvrent que la « machine à perdre » n’est malheureusement pas réservée aux grands partis de gouvernement !
Et le fond dans tout ça ?

A l’occasion de sa déclaration de candidature en juin 2006, José Bové avait énuméré quelques propositions pour réduire le chômage de masse, « poursuite de la réduction du temps de travail à 32 heures, augmentation du Smic, taxation des entreprises qui délocalisent ou qui licencient tout en réalisant de gros bénéfices, développement des énergies alternatives et le lancement de chantiers d’amélioration de l’habitat ».
Pour l’originalité on repassera : toutes ces propositions se retrouvent, ici ou là, dans les programmes du PS, de l’UMP ou de l’UDF.
Dans sa lettre du 23 novembre 2006, José Bové a aussi rappelé son projet politique : « remise en cause radicale des logiques économiques libérales qui, des décisions de l’OMC jusque dans la vie quotidienne, conduisent à la marchandisation des services publics, au dumping social, à la croissance vertigineuse des inégalités ». On n’aura droit à rien de plus ; un peu léger pour un présidentiable non ?
En réalité, José Bové et les collectifs antilibéraux espèrent surtout capitaliser au maximum sur le « non de gauche » du référendum sur la constitution européenne, pariant que ce « non », avec une bonne communication, rassemblera bien au-delà des seuls opposants au projet de constitution européenne.
Le magma antilibéral

Depuis plusieurs semaines, Parti communiste, Ligue Communiste Révolutionnaire, collectifs antilibéraux, candidats indépendants passent leur temps à se chamailler sans avancer grand-chose au débat national, empêtrés qu’ils sont dans leurs luttes intestines.
La conséquence est qu’aujourd’hui, leur lisibilité est nulle et leur crédibilité en tant qu’alternative au « système politique » fortement entamée.
Cet épais brouillard est aussi du à la complexité du paysage antilibéral qui se révèle de manière criante aujourd’hui : qui pense quoi, quels fondements idéologiques, quelles méthodes pour prendre le pouvoir et renverser le système…
Pour un électeur antilibéral qui souhaite exprimer son opinion par un vote aux présidentielles, qu’il est difficile de choisir !
François






voici une réaction (à peine) attristée à l’annoncedu retrait de josé :
http://jegpol.blogspot.com/2006/11/jos-pas-tre-candidat.html
ça vaut le détour…