François Bayrou et l’écologie : vraie conviction ou soufflé conjoncturel ?
Nicolas Hulot avait lancé il y a quelques semaines un pavé dans la flaque du débat
présidentiel. François Bayrou saisit aujourd’hui la perche et annonce dans une conférence de presse sa convergence de point de vue avec Hulot. Il soutient ses désormais fameuses cinq propositions (en les replaçant dans un contexte d’action à l’échelle de l’Europe), après avoir lancé un vibrant appel : « la crise climatique n’est pas un fantasme mais une réalité », « les ressources naturelles sont un bien rare », il faut donc « changer les habitudes du combat politique traditionnel ».
Ces petites phrases sonnent comme un refrain familier à nos oreilles, que nous avons peu ou prou entendu chez Royal, Fabius, Voynet ou Chirac. Ici, un mot est remplacé par un autre, là, une virgule change.
Quelle est la crédibilité de ces discours formatés, et formulés par des responsables politiques qui semblent découvrir aujourd’hui ce qu’ils n’ont pas vu en 20 ou 30 ans de vie politique ?
Un moyen de vérifier cette crédibilité est d’examiner les mesures concrètes proposées. Et là, Bayrou nous intéresse, mais il nous déçoit aussi.
Ecologie en vitrine, libéralisme en magasin
Il nous intéresse quand il nous parle d’imposer, avec l’Europe, une gouvernance mondiale en matière de patrimoine mondial et de développement durable. Quand il propose un vice-premier ministre à l’écologie, « doté d’une autorité réelle sur l’équipe ministérielle et les représentants
de l’Etat dont les préfets ».
Mais il nous déçoit aussitôt, lorsqu’il explique que, pour économiser les ressources naturelles, « il suffit de mettre en place une politique de recyclage ». Ou quand il propose un « transfert du transport de la route vers le rail »… sans chiffrer d’objectifs ni de moyens financiers.
François Bayrou pense-t-il que l’on résoudra la « crise climatique » en recyclant mieux nos déchets, en roulant au diesel vert et en collant un panneau solaire sur notre toit ? Est-il assez naïf pour penser que l’on va tranquillement passer d’un système productiviste à un système durable ?

Comme quand il nous parle de rupture, Bayrou se boursoufle puis se dégonfle, car il y a un gouffre entre les constats lyriques et grandiloquents qu’il professe, et la modestie des mesures proposées, telles des rustines sur un vieux pneu crevé.
Fred





ah ah ah !
Génial la boursouflure et le dégonglement !
très drôle ! C’est tout Bayrou ça !
roger