De quelle manière les différents candidats à l’élection présidentielle de 2007 ont-ils intégré l’Europe à leur programme présidentiel ?
Les nostalgiques de l’Etat-nation
C’est clair, ils n’aiment pas l’Europe. Ils ont tous appelé à voter « non » au referendum, et pas au nom d’une Europe plus sociale, mais parce qu’ils regrettent le XIXème siècle et ses Etat-nations puissants.
Chevènement : opposé à toute forme de « gouvernance européenne », il est au contraire partisan d’une coopération de nations libres et solidaires.
Pour Le Pen, c’est avant tout la Nation contre l’euro-mondialisme. Son programme sur l’Europe : sortir la France de l’Europe, rétablir les frontières, supprimer la notion de citoyenneté européenne.
De Villiers : construire l’Europe des patries sans la Turquie, établir une Charte fondatrice pour une nouvelle Europe.
L’Europe des eurosceptiques convertis à l’Europe utile
Ils ont pour points communs leur peu d’enthousiasme pour l’Europe. Leur vision de l’Europe est une projection de leur programme présidentiel… l’Europe est pour eux une « Grande France » qui ne vaut que parce qu’elle est utile.
Sarkozy veut une Europe politique qui fonctionne… afin d’être efficace sur l’immigration, la justice, la compétition économique. Le bras armé de la France.
Fabius : un peu la même logique, même si les idées sont différentes : « le plan B de l’Europe, c’est le projet socialiste »
Pour Royal, la promotion de l’Europe se fait « par la preuve ». L’Europe doit être concrète pour se rapprocher des citoyens.
Buffet : le PCF n’a jamais été pro-européen, mais Buffet martèle avec vigueur qu’il faut une Europe sociale, démocratique, solidaire, féministe, écologique et pacifique. L’Europe vue comme un moyen de promouvoir le programme du PCF à plus grande échelle.
Les Euro-convaincus.. pas encore Euro-convaincants
Leur engagement européen est connu depuis longtemps… mais franchement on est pour l’instant déçu par la faiblesse des ambitions affichées. Alors, mal de crâne post-référendaire ou angoisse des frontières ?
Strauss-Kahn veut une Europe plus politique, mais une Europe élargie à 40 membres… ce qui signifie une Europe politique à plusieurs vitesses ? On reste un peu dans le flou.
Bayrou : on connaît ses convictions européennes. Il les affiche dans l’avant projet de l’UDF (un nouveau traité institutionnel, intégration des compétences sur a défense et l’immigration au niveau européen…), mais ça manque de souffle et d’ambition… et quid des limites de l’Europe ?
Voynet : elle décline les mesures que doit porter l’Europe, avec un changement d’orientation : une Europe plus sociale et plus durable. Mais pas un mot sur l’Europe politique ni sur les frontières européennes… on reste dans le « il faudrait que »… oui, mais comment ?
Bref… on reste un peu sur notre faim. Affaire à suivre…
Fred

Je ne pense pas que l’Europe soit mal aimée, je crois que c’est pire. Elle n’intéresse pas franchement ceux qui se croisent ou se succèdent pour la diriger, sinon il en serait autrement. Trop, beaucoup trop d’opportunisme chez les « grands » qui nous gouvernent. En tous cas pour moi, c’est une immense désillusion. L’Europe n’est pas « humaine », c’est l’Europe du Fric qu’ils ont voulue et qu’ils ont eue !
Et dire que j’y avais cru……..