Bazar au PS: la Turquie divise
Au cours du débat télévisé du 7 novembre dernier, les trois candidats ont pu présenter leur point de vue et programme de « présidentiable » sur l’opportunité ou non d’intégrer la Turquie à l’Union Européenne.
Laurent Fabius différencie tout d’abord « l’Europe renforcée » que sont les pays de la zone Euro et d’autres pays plus éloignés (Grande Bretagne, Pologne). En périphérie, d’autres pays (Ukraine, Maghreb et…Turquie) avec qui il faut travailler mais, selon lui, « ce serait une erreur de les faire rentrer dans le mécanisme de décision ». Avec Fabius, ça a le mérite d’être clair : une Europe à 3 vitesses : les pays moteurs, les pays suiveurs et une vaste remorque regroupant les pays périphériques (pauvres ?).
Pour Ségolène Royal, il faut tenir parole et comme des négociations ont été ouvertes par Lionel Jospin, on ne peut pas les interrompre. Ensuite, puisque l’intégration sera décidée par référendum, « l’avis du chef de l’Etat sera l’avis du peuple français » énonce-t-elle courageusement. L’insistance de la journaliste permettra quand même d’avoir cet avis d’une audace extrême: « si la Turquie ne remplit pas les conditions pour intégrer l’UE, alors non ; si elle les remplit, alors oui…mais le peuple pourra décider autrement ». On va aller loin avec ça…
Avec Mme Royal c’est « on arrondit tous les angles, on ne se ferme aucune porte et ça devrait passer ! ».
Dominique Strauss-Kahn, lui, ne veut aucunement suspendre les négociations d’adhésion et souhaite que la Turquie rentre dans l’Europe sinon « elle basculera de l’autre côté et nous aurons à notre porte un pays fortement connecté à l’Iran et l’Irak ». Bonjour l’enthousiasme !Ca ressemble furieusement à une intégration par défaut ! Plus globalement, il souhaite non pas une Europe à 50 comme Fabius et Royal ont essayé de le faire croire mais « une Europe qui exerce sa responsabilité sur la Meditterrannée ». C’est donc l’élargissement total sans savoir vraiment sous quelle forme ni avec avec quel mode de fonctionnement mais, comme il dit, il s’agit d’une « vision » de l’Europe.
Nous avons donc deux candidats avec des vues très opposées de l’Europe et une candidate, Ségolène Royal, qui brasse de l’air sur l’Europe, se limitant à des banalités (« l’Europe par la preuve », « « si les valeurs de l’Europe sont partagées alors le monde ira mieux »…) et persistant dans sa démarche de démocratie participative et s’en remettant systématiquement au « peuple« . Pour avoir une réponse, il faut donc se rendre sur désir d’avenir et faire en sorte d’influencer le « programme participatif » de la candidate du Poitou-Charentes.
François
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