Mais de quelle Europe parlent les candidats socialistes ?
Le 7 novembre sur La Chaîne Parlementaire, le dernier débat entre les candidats à l’investiture PS, nous a permis de noter, malgré le projet du Parti Socialiste, des divergences de fond et de forme sur l’Europe.
Fabius, Royal, Strauss-Kahn: 3 approches
Interrogé le premier, Laurent Fabius a parlé du projet socialiste qu’il qualifie de « plan B ». Petite remarque : si j’ai bonne mémoire, le plan B était, à l’époque du référendum sur le Traité constitutionnel, un argument des « nonistes » qui disaient que la commission avait une alternative en cas de refus de la France. Or il s’est avéré que cette affirmation était erronée et depuis, l’Union Europe est à l’arrêt. Il est donc faux de dire que le programme du PS est le plan B.
Sinon, Fabius s’en tient à la lettre au projet socialiste dont il énumère les mesures principales : révision des statuts de la Banque Centrale Européenne, rédaction d’un traité social, directive-cadre sur les services publics (SIG/SIEG ?), meilleure protection commerciale de l’Union, dépenses de recherche « hors critères de Maastricht… et adoption d’un Traité strictement institutionnel.
Il précise enfin, malicieusement, qu’ayant voté « non » au référendum, il n’était pas le moins crédible pour faire respecter le vote des français.
Ségolène Royal souhaite, quant à elle, reprendre le talisman de François Mitterrand et rappelle que les problèmes du monde trouveront leur solution dans un bon fonctionnement de l’Europe. Elle indique que « les français s’en méfient (de l’Europe) car elle n’a pas réussi contre le chômage, a créé de la précarité, n’a pas lutté contre les délocalisations, n’a pas incarné un idéal et s’est réduite à un grand marché… ce qui est déjà très important car ça a là aussi protégé nos économies ».
La candidate PS souhaite « reconstruire l’Europe par la preuve », preuve contre le chômage, contre les délocalisations, pour l’investissement massif dans la recherche et la protection de l’Environnement… Ces propositions, elle les inscrit dans « un travail de coordination et de coopération entre les chefs d’Etat ». Elle est enfin favorable à un texte court pour indiquer qui décide, comment on décide et avec quelles institutions.
Et de conclure son intervention sur « Si l’Europe réussit contre le chômage alors les français adhèreront à l’idée européenne et si l’Europe est plus forte sur le plan politique, alors elle pourra jouer un rôle majeur dans l’un des principaux problèmes du monde aujourd’hui, le conflit Israelo-Palestinien ».
Enfin pour Dominique Strauss-Kahn, il faut avant tout « retrouver le couple Franco-Allemand ». Pour ce faire, il faut tout remettre à plat (règles de décision, rôle de l’Union et des Etats, règles sur les services publics, ministre européen de la croissance et de l’emploi, politique agricole commune, lutte contre la mondialisation…) et se mettre d’accord. DSK redoute les accords et la construction « au coup par coup » et veut une relance globale de l’Europe avec la France et l’Allemagne comme moteurs.
Qu’en déduire ?
Fabius et Strauss-Kahn sont rentrés dans le mécanisme des institutions et dans le calendrier d’action tandis que Ségolène Royal a parlé de la relation Europe-citoyens (ou plutôt peuple) et des valeurs.
A vous de choisir !
François
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