Ségolène Royal pour un jury populaire


jury.jpgA l’occasion d’un débat à la “Cité de la réussite”, Ségolène Royal a proposé des « jury de citoyens » qui exerceraient « une surveillance sur la façon dont les élus remplissent leur mandat […] à partir d’un certain nombre d’indicateurs que l’on pourrait démocratiquement mettre en place ».

Sans revenir sur la traditionnelle sémantique de Ségolène Royal (« démocratiquement », « populaire », citoyens » et désormais “jury“) qui est toujours la même (ne manquent aujourd’hui que le respect et l’écologie), la proposition appelle des remarques.

La technique, même si son staff s’en défend, est grossière et rappelle malheureusement le populisme de nos extrêmes (tous pourris tandis que le petit citoyen, victime du système, est lui honnête et juste) mais l’intérêt est ailleurs car cette proposition pose la vraie quetion de l’évaluation de nos élus et, au-delà, les indicateurs de nos politiques publiques et ce, à tous les échelons. Voilà bien la vraie question !

jury-2.jpgSégolène Royal, au lieu d’utiliser et d’améliorer l’existant (nos Cours des Comptes régionales, la Cour des Comptes Nationale, le contrôle des élus d’opposition, la nouvelle architecture budgétaire avec ses indicateurs…), rase gratis et sort de son chapeau une nouvelle structure. C’est tellement plus simple !

Alors je me mets dans la peau d’un élu et demande :
- quels citoyens et avec quelles compétences ?
- quelle degré de connaissance et d’expertise de dossiers souvent complexes ?
- quel pouvoir d’évaluation, de sanction ?
- quels indicateurs ?

Rien de tout cela, bien sûr, dans les propositions de Ségolène Royal qui envoie dans la nature un vague concept (Poujade n’est pas loin…), sans aucune conscience de l’effet désastreux pour tous celles et ceux qui donnent de leur temps pour gérer les affaires de leur collectivité.

segolene-5.jpg Alors voilà, nous allons passer une semaine à débattre d’une proposition pas claire (mais l’est-elle dans l‘esprit de Ségolène Royal ?) alors que le fond de la question est lui très important pour la vie publique.

On peut remercier Mme Royal d’avoir sabordé le sujet et le débat.

François

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Commentaires des lecteurs

Oui, mais cette proposition a au moins le mérite de soulever la question des comptes que doivent un jour rendre les élus. François, c’est bien joli de nous agiter la menace du populisme et de rappeler la légitimité de l’élu, mais quand on voit que les promesses ne sont jamais tenues et que la classe politique est plus ou moins discréditée, il faut faire quelque chose.
Un gars comme Chirac en est le parfait exemple.
On voit bien qu’on ne peut pas continuer comme ça. Et se dire “pas de problème, on a les institutions qu’il faut”, ça ne suffit plus aujourd’hui.
Alors je ne sais pas si le jury populaire est la bonne solution, mais le débat est utile

OK pour le jury populaire, si les élus sont payés (donc semi-pro)… pour se donner les vrais moyens de réussir.
Sinon, comment évaluer un élu ?
- Par le kilométrage de nouvelles routes ?
- Le nombre de places nouvelles en crèche ?
- Le nombre de nouvelles tuiles posées sur le toit des écoles ?

Trop (très ?) difficile à mon sens…

Et pour compléter le dispositif, je propose un jury populaire d’appel ouvert aux aux élus non satisfaits du verdict !

Non vraiment, ça semble une mauvaise réponse à une très importante question.

François

L’évalutation d’un élu devrait se faire simplement par la réalisation de ses promesses inscrites sur son programme électoral.
Salutations.

Sanz Antoine

Ce serait la plus raisonnable despropositions.

Naturelle serais-je tenté de dire.

Qui promet s’engage, au moins à une obligation de moyens.

François

Aux précisions demandées, j’ajouterais le chiffrage : quel budget de fonctionnement ? quel financement ?

Sinon, le jugement des décisions politiques existe déjà. Il n’y a qu’à voir l’histoire du CPE, la rue s’est manifestée, la loi a été retirée. Tant que personne ne bouge, les hommes politiques peuvent estimer qu’ils bénéficient d’un soutien tacite, alors qu’il s’agit peut-être juste d’une grosse flemme de se bouger…

Vos députés ont tous une adresse mail, je suis bien placée pour savoir qu’ils répondent rarement. Cependant, quand beaucoup de gens leurs écrivent, ils savent au moins les lire. Mais on peut aussi continuer à rester assis et hurler avec les loups contre les vilains politiciens tous pourris…

Ce n’est pas forcément dans la rue que les choses doivent être réglées…
Que proposes-tu Delphine ? De spammer nos élus ?
De créer des blogs citoyens par village ?
Un blog de surveillance par élu ?

Juste pour être un peu provocateur : mais au nom de quoi les électeurs auraient une opinion pertinente sur un sujet complexe ? Le bon sens au pouvoir, c’est ça qu’on veut ?
Rappeler leurs promesses à nos élus, pourquoi pas, mais gouverner par la voix populaire… rien de plus dangereux !

Pierre > Spammer les élus ?? Non ! Juste manifester mon intérêt pour une question et la réponse que mon député suggère sans pour cela aller dans la rue pour tout bloquer et casser.

Je pense que le mail est un moyen facile de montrer à ses élus qu’on s’intéresse à un sujet et qu’ils ont bien tort de le négliger.

Je voulais juste dire que nous devons prouver que nous ne sommes pas des électeurs seulement au moment des campagnes électorales. Le 21avril a été précédé d’une relative période de calme social, pourtant les votes de protestation ont amené Le Pen au second tour. N’aurait-on pu éviter ça si le dialogue entre les élus et les électeurs avait été meilleur ?

D’accord avec vous, mais n’oublions pas les limites de la démocratie participative, qui fait de chaque citoyen un expert.
Pour l’avoir expérimenté dans mon boulot (réunion publique sur tel ou tel projet), je vois bien qu’on tombe très rapidement dans la simple opération de comm. On écoute les gens, mais on ne fait finalement pas grand chose de leurs contributions.
C’est dangereux : le jour où les gens se rendent compte qu’on s’est foutus de leur gueule, ils sont furieux et frustrés. J’imagine ce que ça peut donner si on généralise ça au niveau national. C’est pour ça que je ne suis pas d’accord avec les propositions de S. Royal.

fred