De Villiers, le passé pour programme
Philippe De Villiers n’a pas encore eu l’occasion de dérouler l’ensemble de son programme, mais on peut déjà en imaginer les grandes lignes.
Au-delà de ses errements tactiques entre droite dure et droite extrême, un petit tour sur le site du MPF donne immédiatement la couleur. En haut à droite de la page d’accueil, défile une série de slogans : « ras le bol des taxes, des charges », « vous êtes pour l’immigration zéro ? moi aussi », « vous êtes fiers d’être français ? moi aussi », « vous défendez vos campagnes ? moi aussi », « vous préférez l’artisanat à l’assistanat ? moi aussi », « vous êtes contre le mariage homo ? moi aussi ».
Il est frappant de constater que De Villiers se positionne presque à chaque fois « contre » (l’immigration, le mariage homo, l’assistanat, les taxes…). Quand il est « pour », c’est souvent en référence à un passé qu’il regrette : « les campagnes » d’avant l’exode rural, la notion de fierté nationale qui n’est n’est plus ce qu’elle était depuis qu’il y a l’Europe.
De Villiers ne parle à aucun moment de villes, d’enseignement supérieur ou de recherche, d’innovation, de dynamisme. Il se positionne clairement comme le candidat de la ruralité traditionnelle, gardienne du bon sens et des bonnes valeurs, contre la modernité urbaine, dangereuse et dépravée. Il nous propose un passé rassurant pour nous protéger des incertitudes du présent.
fred





C’est vrai.
Dans un campagne présidentielle, ce positionnement est malgré tout utile pour les électeurs, il permet d’avoir un aperçu de l’ensemble des clivages existants en France: du paysan rural conservateur, au bobo moderniste des villes (je caricature volontairement).
Il est évidemment beaucoup plus facile d’être dans le registre de l’opposition que dans celui de la construction et de la proposition mais force est de constater que, dans une élection, c’est souvent payant (pensons à Le Pen, Besancenot… qui n’ont jamais rien proposé de réaliste dans leur parcours politiques respectifs).
Il faut du courage pour construire et proposer le fruit de sa réflexion aux électeurs: peu en ont…