Sarkozy, l’immigration, l’Europe et la démagogie


Sarkozy a, sur la question de l’immigration, le mérite de la cohérence. Il a proposé, la veille d’une rencontre des ministres de l’intérieur de huit pays méditerranéens de l’UE (qui a lieu vendredi 29 septembre), une « réforme radicale de la politique européenne de l’immigration » (Le Monde daté du 29).

Ses propositions tiennent en quelques mots : engagement formel des pays membres autour de l’interdiction des régularisations massives et la forte limitation des régularisations, transfert complet de la compétence nationale d’asile à l’Union Européenne et renforcement de la sûreté des frontières…

Laissons de côté l’indignation que peut susciter cette mesure spectaculaire, dont la mise en oeuvre donnerait corps au concept d’ « Europe-forteresse » et rendrait encore plus difficile l’intégration des Français issus de l’immigration.

Evoquons plutôt l’aberration économique, politique, culturelle et démographique que présenterait une telle mesure pour l’Europe : quid de ses liens historiques et culturels avec les pays en développement ? quid de la capacité de l’Europe à défendre dans le monde des valeurs de démocratie et d’ouverture ? et comment renouveler une pyramide des âges dont l’évolution tendancielle conduit tout droit à la faillite économique et à la sclérose notre continent de vieux ?

Je doute que Sarkozy souhaite soulever ce type de questions. Lancer des débats oui, mais seulement s’ils flattent l’électeur moyen. Répondre aux “vraies-questions-que-se-posent-les-Français” est une posture démagogique vieille comme le monde, hélas elle fonctionne encore.

Fred

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Commentaires des lecteurs

Notre problème en France est que nous ne définissons pas ce que nous entendons par immigration, d’où des incompréhensions, voire des postures d’outrés professionnels (Balasko, la gauche caviar…)

Or il faut, à mon sens, dire au préalable deux choses:
- l’immigration n’est pas sociale ou politique mais économique, d’où une maîtrise des flux sur ces critères,
- non à l’immigration sauvage qui nourrit ces salopards de traficants d’humains et d’employeurs sans vergogne.
Elle laisse dans la misère et la précarité de pauvres bougres qui s’attendaient certainement à autre chose de la part de la France… C’est aussi pour çaqu’il faut contrôler à la fois nos frontières et les lieux de travail.

Contrôler ne veux pas dire interdire car comme tu le dis Fred, il suffit d’un coup d’oeil à la pyramide des âges pour constater que l’immigration est indispensable.

françois