Ségolène et GDF-Suez : la suite


Ségolène Royal est intervenue à l’Assemblée Nationale ce 25 septembre pour donner son point de vue sur la fusion GDF-Suez. Elle a d’abord rappelé, à juste titre, qu’un ministre (suivez son regard) avait garanti (et donc menti) que l’Etat resterait à au moins 70% dans le capital de GDF. Puis, elle a expliqué les trois raisons de ce mauvais choix :

- la menace sur le pouvoir d’achat des français car le coût de l’énergie va augmenter avec le libre marché,

- la menace pour l’autonomie énergétique de la France car le contrôle de ce nouveau groupe pourrait pris par une autre société,

- la menace enfin pour la préparation de l’avenir et l’après-pétrole. Il faut, selon elle, un pôle public national EDF-GDF pour investir massivement, grâce à l’Etat, dans la recherche et le développement pour l’avenir, ce que ne permet pas la privatisation.

    Ségolène a conclu sur le protocole de Kyoto qu’il fallait respecter et sur les énergies renouvelables qu’il fallait développer. (Là j’ai été épaté). Sur la pertinence des 3 menaces je vous laisse juger. Ségolène ROYAL est suffisamment calée en économie et entourée de gens compétents pour affirmer que le nouveau groupe pourrait être rachetée par un groupe étranger (ce qui est effectivement possible), que le statut privé d’une entreprise entraînera une hausse des coûts (si c’est la matière première qui augmente, qui payerait alors dans l’hypothèse d’un pôle public?), et que ce même statut privé ne permet pas la recherche et l’innovation sur le long terme (les meilleur exemples étant l’industrie pharmaceutique ou l’automobile…).

    Elle pose enfin la question, importante, de l’appartenance de ce futur groupe et derrière cela, quels secteurs stratégiques pour la France et quelle place de l’Etat ? Peut-être faudrait-il regarder d’autres domaines comme l’eau ou l’armement et voir ce qui se fait… En tout cas, si j’ai bien compris, Ségolène ROYAL estime que le champion énergétique doit être une entreprise publique, au moins cela semble dit et clair.

    Il parait que Dominique Strauss Kahn, autre candidat à la présidentielle, a fait une démonstration brillante sur le risque d’une OPA hostile contre le futur groupe GDF-Suez. On en reparle…

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Commentaires des lecteurs

Elle a raison…
mais a t elle vraiment (et les autres candidats aussi) les moyens de ce discours ? C’est l’Europe qu’il faut réformer avant de se cacher derrière un discours “Sauvez le soldat Service public…”… c’ ;est Jospin qui nous l’a tuer (sic) en 1997 avec l’accord de Barcelone…