Les prédateurs sexuels et la politique

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Il ne se passe plus une semaine sans que la presse ou la radio évoque, à propos d’un viol ou d’un crime à caractère sexuel, la recherche active du « prédateur sexuel » responsable de ces actes.

Qu’est ce qu’un prédateur ? C’est un animal qui se nourrit d’autres animaux. La notion de « prédateur sexuel » constitue donc une analogie très claire entre l’individu coupable de crimes sexuels et la bête assoiffée qui va se jeter sur son innocente victime. On imagine l’immonde animal tapi dans l’ombre, sur le chemin de l’école.

Ce type d’analogie soulève une question politique importante : le criminel est-il quelqu’un comme vous et moi ? Parler de « prédateur sexuel », c’est rejeter le criminel dans un autre monde : ça n’est pas quelqu’un comme nous, c’est un monstre. Que fait-on avec les monstres ? On les enferme, on les élimine. Pas de réhabilitation possible, évidemment.
Ainsi, on se rassure en se rappelant qu’on est du bon côté. En plus, parler de monstre évite de se demander si la société est pour quelque chose dans l’apparition de ces comportements odieux.

Les médias, en employant à tout va ce type de vocabulaire, véhiculent insidieusement l’idée que la meilleure manière de lutter contre les « prédateurs sexuels », c’est de détecter les comportements déviants dès la maternelle, et d’enfermer à vie les individus potentiellement dangereux. D’appliquer le programme de Sarkozy, donc.

Fred

J’ai presque vu la flamme olympique à Paris

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Actualités

Lundi 7 avril, Paris, 16h. Je sors de chez moi, à la quête de la flamme olympique. Direction Hôtel de Ville. Avant d’y arriver, je bifurque vers la Seine. La foule est massée sur le pont Nord Dame : un bateau de la police essaie de décrocher deux militants, qui sont suspendus à un drapeau « pas de flamme au Tibet ». Ils y parviendront, après plusieurs tentatives.

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Sur la place de l’Hôtel de Ville, pas de flamme, mais une foule de quelques centaines de personnes. On y porte des drapeaux du Tibet, et de petites affiches noires « Pékin 2008 » avec les 5 menottes à la place des anneaux olympiques. L’ambiance est un peu étrange. Quelques manifestants s’interpellent : « Si tu aimes la Chine, vas y habiter ! » crie l’un d’entre eux.

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Je suppose que le cortège officiel est déjà passé. Ce qui impressionne surtout, c’est la présence de la police et des CRS. Ils sont omniprésents, comme si la ville était en état de siège. Je me dirige vers le stade Charléty, où la flamme olympique est sensée terminer son trajet. Le boulevard Masséna est occupé par des dizaines de camions de CRS. Les policiens font face à une foule un peu agitée, qui lance quelques slogans et sifflets. Mais rien ne se passe, personne ne sait où est la flamme.

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Une averse de neige tombe, suivie d’une pluie froide. Je repars vers la Porte d’Italie. Il doit être 18h30. Soudain, je me retourne : derrière une dizaine de motards, 3 bus violets. La flamme ! L’esprit olympique souffle sur Paris, c’est merveilleux ! Merci le CIO !

Fred


Football : sortez la lutte antiracisme des stades !

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Le football, de par sa popularité, sert souvent de caisse de résonance à des sujets de société plus larges : les charges sociales des sportifs et la concurrence européenne, le droit du travail, le dopage et, bien sûr, le racisme. Sur ce dernier point, les journaux sportifs, mais aussi les débats télévisés et radios, sont souvent le lieu de débats enflammés sur le phénomène du racisme dans les stades et la meilleure manière de l’éradiquer.

A chaque événement raciste survenu lors d’un match, sur le terrain ou en tribune, c’est l’avalanche de déclarations aussi indignées que convenues, et aussi naïves qu’inutiles. Ainsi, l’on entend tel ou tel chroniqueur affirmer que les racistes n’ont rien à faire dans les stades, qu’il faut renforcer la surveillance vidéo, sanctionner durement les clubs responsables. Pleins de bonnes intentions, les sportifs les plus connus n’hésitent pas à s’impliquer : Thierry Henry tourne un spot de pub contre le racisme, les joueurs du PSG portent un tee-shirt célébrant la fraternité entre les peuples, Marcel Desailly explique que la lutte contre le racisme dans le football rejaillira ensuite sur le reste de la société.

Bref, on brasse du vent, on multiplie les débats superficiels et creux, et on se donne bonne conscience par quelques actions symboliques. Le milieu du football fait comme s’il était une bulle coupée du monde, et comme si les règles du jeu sur le terrain pouvaient s’appliquer de la même manière dans les tribunes.

En prenant un tout petit peu de recul, on peut quand même se dire :

  • Que notre société est en partie composée d’imbéciles et de racistes, et qu’il est donc statistiquement inévitable que certains d’entre eux se retrouvent dans les stades ;
  • Que le football fonctionne selon deux principes très simples : seuls les plus doués réussissent (quelle que soit leur couleur de peau), et seule la solidarité entre joueurs (quelle que soit leur origine) permet à une équipe d’exister. Bref, le football, à sa manière, fait beaucoup pour la lutte contre les préjugés racistes.

Au lieu de cantonner le problème du racisme à son expression ponctuelle lors du match du week-end, il serait donc extrêmement souhaitable qu’on l’analyse à sa juste mesure, et qu’on le relie à quelques questions de fond : notre rapport à l’immigration, la place des populations immigrées dans notre société, les mécanismes de ségrégation et de discrimination exacerbés qui s’opèrent dans les quartiers, etc.

Bref, on aimerait que les journalistes, analystes et polémistes se posent quelques questions un peu plus fondamentales que celle du racisme dans un stade. Et surtout, par pitié, qu’ils arrêtent de nous bassiner avec ces sempiternelles déclarations d’après match, aussi prévisibles que navrantes.

Fred

Trop d’Eglise fatigue et agace

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Société

Le Vatican a récemment publié la liste des péchés modernes. Figurent dans la liste la pollution, l’avortement, la guerre ou les injustices sociales. Cette publication ne manque pas de laisser perplexe.

Tout d’abord parce qu’elle marque la volonté de l’Eglise catholique de s’inscrire dans le champ du politique. Quand les « anciens » péchés se rapportaient à des types de comportements individuels (l’envie, la colère, le mensonge…) et se cantonnaient donc au champ de la croyance individuelle, on pouvait considérer que la religion restait dans son rôle.

Mais comment accepter qu’elle prétende se mêler de politique ? La publication de cette liste de péchés coïncide d’ailleurs avec une vaste offensive politique du catholicisme en Europe. Ainsi, que ce soit en Italie ou en Espagne, le droit à l’avortement est violemment remis en cause. Or, on voit bien les ravages que peuvent causer les irruptions du religieux dans le politique : croisades et guerres de religion hier, islamisme radical aujourd’hui. Espérons que la France restera claire sur la place de la religion dans sa société, même si les récentes déclarations imbéciles de Sarkozy sur le sujet peuvent laisser craindre une remise en cause des principes de laïcité.

Et puis, il est un petit peu amusant de s’entendre donner des leçons par une institution qui, elle-même, est loin d’être exemplaire. Dans Le Monde daté du 2 avril, on lit cette histoire du prédicateur O’Grady, prédateur sexuel pendant 20 ans en Californie. Ce violeur pédophile s’est rendu coupable d’actes inqualifiables sur des enfants (le plus jeune avait 9 mois…). Ce qui est encore plus révoltant, c’est que sa hiérarchie, pourtant au courant, ne l’a jamais sanctionné. Pire, elle lui a assuré promotion sur promotion. Aujourd’hui, pour limiter le scandale (et donc freiner l’enquête en cours), elle bloque l’accès à ses archives. Faites ce que je dis, mais quand même pas trop ce que je fais.

Bref, que l’Eglise reste à sa place, et qu’elle balaye devant sa porte !

Fred

Décapsulons la politique !

Accoudé au comptoir, un demi à la main, puis un deuxième. -"Patron, un formidable !" La conversation se lance...- "Et vous.. je vous offre un verre ? "